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Trois ans après les faits, les trois dalons soupçonnés d’avoir participé à l’agression se retrouvent dans le box des accusés de la Cour d’assises. Depuis mercredi, les assaillants doivent répondre de leurs actes qui ont ôté la vie à Patrice Antony. En fin de matinée, les réquisitions sont tombées : 20 ans de réclusion criminelle requis pour deux d’entre eux et 8 ans pour le troisième.
Ils étaient quatre cette nuit meurtrière du 15 novembre 2017 à Sainte-Suzanne. Le dernier, mineur aux moments des faits (14ans), a été condamné par le tribunal des enfants en 2019, à 5 ans dont 1 an avec sursis probatoire. Le procès des trois autres protagonistes, accusés de violences en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner a lieu jusqu’à lundi prochain devant la Cour d’assises de Saint-Denis.
Rappel des faits
Dans ce quartier où les agitations sont monnaie courante, les voisins n’ont pas immédiatement fait un compte avec ce qu’il se tramait ce jour-là. Pourtant, à l’intérieur d’un appartement de la résidence Caravelle, se déroulait une scène d’une extrême violence. Coups de poing, coups de pied, coups de chaise, les agresseurs se sont acharnés sur le trentenaire jusqu’à que mort s’en suive. Patrice Antony a été retrouvé à son domicile, assis sur son canapé, la tête pendant en arrière, totalement méconnaissable. Les gendarmes ont découvert un corps “cadavérique” le lendemain matin. Patrice Antony finira pas succomber par asphyxie à plusieurs traumatismes, laissant derrière lui deux enfants.
En cause des règlements de compte
Le Sainte-Suzannois aurait perdu la vie pour un simple règlement de comptes. Ce dernier aurait, quelques jours avant le drame, dragué la compagne de Jérôme Frazia. Cette dernière aurait coupé court avant de raconter cet événement, sans grande importance pour elle, à son conjoint qui, lui, n’a pas pris cette nouvelle par-dessus la jambe. Très énervé, il aurait voulu se venger, accompagné de ses dalons. Ils étaient tous sous l’emprise du mélange alcool-Rivotril-stupéfiants. Ils ont également dérobé sur leur passage des objets, comme une tablette, un drone ou encore du matériel de sono.
Pour Georges-André Hoarau, et son client Jérôme Frazia, Marius Reboul serait le meneur dans cette histoire. Selon l’avocat, le caïd du quartier joue les manipulateurs depuis le début. “Il voulait simplement en découdre avec Philippe Fabre”, explique Me Georges-André Hoarau. En effet, les quatre protagonistes s’en sont pris, la veille du drame, au voisin de Marius Reboul, Philippe Fabre, armés d’un katana. Lors de cette soirée, Marius Reboul aurait demandé avec insistance l’adresse de Patrice Antony, “alors qu’il l’avait déjà”, déclare Me Georges-André Hoarau. Ils seraient donc partis venger Jérôme Frazia avant de revenir, plus tard dans la nuit, chez Philippe Fabre.
Après Kévin Techer mercredi, les deux principaux suspects, reconnaissant les faits, ont été entendus hier. Les débats se poursuivent, avec les plaidoiries des avocats aujourd’hui. Les protagonistes encourent jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.
Charline Bakowski
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