[Faits Divers] Agression d’une collégienne : la communauté mahoraise se mobilise

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SAINT-ANDRÉ. Suite à la publication d’une vidéo de l’agression d’une élève au collège Terrain Fayard, la communauté mahoraise a été victime d’injures racistes. Elle s’est mobilisée hier, pour trouver des solutions durables contre ces fléaux.

L’agression d’une élève à proximité du collège Terrain Fayard, massivement diffusée sur les réseaux sociaux mardi 2 février, a suscité l’émoi. Mais aussi les relents racistes de certains. Parmi les commentaires, abjects, on peut lire :

“Renvoyé a zot dans zot pays soit disant zot le français, mais quand i arrange a zot pour les allocation des gens n’apportent rien à la Réunion”.

“Dit Macron envoie un avion spécial pour renvoi tout”.

“Il faut les mettre sur des radeaux comme ça s’ils tombent à l’eau, ça fait de la nourriture pour les requins”.

“On est envahi de cette peste” .

 

“Nous ne voulons pas être associés à ces actes”

 

Pour la communauté mahoraise, ces commentaires malheureusement fréquents, sont insoutenables.

“La vidéo de la petite fille est horrible, elle nous a beaucoup touchés : nous condamnons cette agression et toutes les autres. Nous ne disons pas que certains enfants mahorais n’agressent pas. Mais nous ne voulons pas que toute la communauté soit associée à ces actes”, martèle Amina Bjoumoi Lihadji, présidente du collectif Réunion-Mayotte en Action (Re-MaA).

“Nous avons toujours été rejetés. Tous les jours, nous entendons des insultes. A chaque fait divers, nous sommes stigmatisés. Et maintenant avec la crise sanitaire, nous sommes vus comme des pestiférés”, rapporte-t-elle.

Si le collectif se dit conscient d’une montée de la violence, il ne souhaite plus faire l’objet de stigmatisations répétées. Il s’est donc réuni hier, avec d’autres membres de la diaspora mahoraise. Le but est clair : éradiquer toutes formes de violence. “Nous sommes prêts à travailler avec qui le veut, les élus communaux, les élus gouvernementaux, pour arranger la situation”, affirme Amina Bjoumoi Lihadji.

 

L’éducation est primordiale

 

Pour elle, l’éducation donnée aux enfants est primordiale. “La plupart des enfants agresseurs subissent des violences eux-mêmes donc ils les reproduisent. Nous sommes prêts à faire un travail d’accompagnement des parents”.

Lissilamou Toumbou, président de l’Union des Etudiants et Elèves Mahorais de La Réunion, suggère le déploiement sur toute l’île, des “cafés des parents”. Ces cafés organisés par l’association, permettent aux parents de rencontrer le personnel éducatif d’un établissement. L’idée est qu’ils puissent détenir toutes les clés nécessaires pour accompagner leurs enfants dans leur scolarité.

Parmi les autres propositions, un accompagnement administratif des parents qui ne parleraient pas français. “Beaucoup d’établissements constatent que les mots dans le carnet ne sont pas signés par les parents”, relate Lissilamou Toumbou. “Ce n’est pas que les parents ne veulent pas s’impliquer dans le suivi de leurs enfants mais c’est qu’ils ne comprennent pas”. Ainsi, de jeunes bénévoles s’engagent à faire le pont entre l’école et le foyer en assurant, par exemple, une traduction du français.

“Ces propositions viendraient en appui de ce qui est déjà mis en place, nous souhaitons consolider l’existant et essayer d’apporter notre plus pour aller plus loin, mais nous ne pouvons pas le faire seuls”, souligne-t-il.

Pour une action durable et efficace, l’ensemble de la communauté lance ainsi un appel aux élus. Pour Madame M’Colo, mère de deux enfants scolarisés à Terrain Fayard, “aucun enfant ne devrait être victime de harcèlement”. “Nous voulons faire bouger les choses pour que nos enfants étudient de manière correcte et sereine et que cela ne se reproduise plus”.

Jadine Labbé Pacheco

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