[Faits Divers] Accident mortel en sortie de boîte : de la prison ferme

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SAINT-PIERRE. Les faits s’étaient déroulés le 9 mars 2019 dans un virage accidentogène à la sortie de courbe de la route qui descend du Tampon.

La soirée en boîte s’était clôturée par un drame. Après avoir perdu le contrôle de son véhicule, Nathalie P., 50 ans, a fini sa course en tonneaux. Son amie Paulette, assise sur le siège passager n’avait pas de ceinture, elle est morte sur le coup. La conductrice sera dépistée avec 1,35g d’alcool par litre de sang. Elle roulait «dans une poubelle», selon les mots du ministère public, sans assurance, sans freins ni ABS et sans airbags. Il faut dire que le véhicule servait de dépannage car Nathalie P. devait effectuer des réparations sur sa voiture habituelle.

Ce soir-là, les deux amies, qui ont l’habitude de passer des soirées ensemble en boîte, boivent un peu plus que de raison. Paulette n’a pas le permis, elle fait donc confiance à son amie pour la ramener à bon port. Mais en descendant la courbe qui est en pente, avec une vitesse légèrement excessive, la Peugeot 206 glisse de l’arrière. Il y a un choc qui entraîne une perte de contrôle contre le parapet et la voiture part en tonneaux sur plus de 100 mètres. Le choc est très violent, la passagère n’a aucune chance et meurt sur le coup. Entendue, la conductrice endosse tout de suite ses responsabilités, en pleurs et sous le choc.

Des pleurs qui ne sont pas revenus à la barre face au tribunal correctionnel de Saint-Pierre ce jeudi, alors qu’elle était présentée pour homicide involontaire. «Ma petite fille qui vient de naître ne pourra jamais dire mamie», lance l’un des fils de la victime. La conductrice ne se retourne pas, par pudeur peut-être mais l’expertise psychiatrique note un certain «détachement de culpabilité». Pourtant, Nathalie P. n’a pas attendu d’être jugée avant de commencer à rembourser le fonds de garantie qui indemnise la famille de la victime à hauteur de 130.000 euros. «Elle devra rembourser jusqu’en 2100, elle a tout de suite pris ses responsabilités. D’habitude, les prévenus attendent d’être contraints par huissiers avant de commencer à payer», soulève maître Florence Journac pour la défense. 

«Ce n’est pas une simple faute d’imprudence, il faut que votre cliente admette qu’elle a fait n’importe quoi ce soir-là», répond la procureure Simona Pavel, qui requiert 18 mois de prison avec sursis. Des réquisitions largement dépassées par le tribunal, qui condamne la conductrice à une peine mixte de deux ans de prison, dont un an ferme, une obligation de soins, 200 euros d’amende pour le défaut d’assurance, l’annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant 6 mois. Le juge d’application des peines décidera si la peine de prison ferme pourra être aménagée.

 

 

LAURENCE GILIBERT

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