[Faits Divers] 80 000 euros demandés pour un couple harcelé sur Instagram

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SAINT-DENIS. Julien et Chloé, un jeune couple d’influenceurs, ont fait appel contre la nullité de la citation déclarée en première instance dans une affaire de cyberharcèlement. Les deux intimées ont été ré-entendues à la cour d’appel. L’avocat général a demandé le maintien de la nullité et l’avocat de la partie civile exige, quant à lui, un dédommagement de 40 000 euros par tête. Le délibéré sera rendu le 28 janvier prochain.

Les faits remontent à octobre 2019. Un couple a été victime de propos insultants de la part de deux jeunes femmes via Instagram. Face à cette situation, le photographe et sa petite amie community manager (animateur de communauté) ont alors décidé de rédiger une citation. Alors que Maëva nie toute publication à leur encontre, Sarah avoue avoir traité Julien de “gros porc”, de “pédophile” ou encore de “photographe pervers” sur internet. “J’ai eu beaucoup de dégoûts, je n’ai pas pesé mes mots”, confie-t-elle. Bien qu’elle déclare avoir voulu soutenir les jeunes femmes victimes d’agressions sexuelles, rien ne justifie ses accusations. En effet, la jeune fille de 19 ans a également insulté Chloé de “pseudo fitgirl” et d’“arnaqueuse” et qualifié le couple de “dangereux et nocif”. Elle explique les avoir bloqués et donc ne jamais les avoir identifiés. Or, bien que le lien ne pouvait rediriger sur leurs comptes respectifs, la jeune femme les avait bel et bien nommés.

“Il m’a obligée à enlever mon haut en m’expliquant que c’était une technique de retouches”, annonce Maëva, ayant posé pour lui dans le cadre d’une collaboration avec des marques telles que Calvin Klein. Le shooting a également été proposé à son amie Sarah. Emballée par le projet, elle aurait contacté les marques qui lui auraient indiqué “ne rien à voir avec le photographe”. Les deux jeunes femmes ont attendu que le dossier arrive devant la justice pour déposer plainte. S’en est suivi alors plusieurs plaintes de jeune filles, pour certaines mineures. L’histoire du “photographe pervers” a alors fait le tour de la toile… et semé le doute. 

La citation avait été déclarée comme nulle en première instance, car il n’y avait ni lieu, ni de dates, ni dates de naissance des prévenues. Me Sulliman Ormajee, avocat de la partie civile, se dit “satisfait de cette nouvelle audience où les faits ont enfin pu être exposés et où on a laissé place aux débats”. Il pointe cependant du doigt la difficulté des procédures en ligne. “Internet est devenu open bar et la justice ne s’y étend pas”.

Alors que Me Jean-Jacques Morel, avocat de la défense, demande la relaxe pour ses clientes, Me Omarjee exige d’infirmer la nullité. Il demande également de réparer le préjudice commis pendant “cette année de parcours du combattant” en les dédommageant de 40 000 euros chacun. La cour rendra sa décision le 28 janvier prochain. 

 

C.B

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clicanoo

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