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Depuis un mois, c’est presque une obsession. Chaque jour, dans les pays nordiques, les médias se livrent au petit jeu des comparaisons : nombre de personnes contaminées, de patients en réanimation, et plus macabre encore, de décès. On scrute les courbes, leur évolution. On essaie d’en tirer des conclusions. De voir qui avait raison.
Car si le Danemark, la Norvège et la Finlande ont opté très tôt pour des approches similaires face au coronavirus, en confinant leur population, la Suède, elle, fait bande à part. Seuls y sont interdits les rassemblements de plus de 50 personnes, les visites en maisons de retraites et le service au bar dans les cafés et restaurants. Les crèches, les écoles et les collèges sont toujours ouverts. Les piscines et les salles de sport aussi. Le télétravail n’est que recommandé. Et s’ils sont priés de limiter au maximum les interactions sociales, les Suédois sont encouragés à sortir se dégourdir les jambes.
Dans les capitales voisines, les dirigeants se gardent bien d’émettre des jugements. Interrogé le 18 mars sur l’approche suédoise, le ministre norvégien de la santé, Bent Hoie, tempérait : « Je n’ai pas le sentiment que la différence soit si énorme. » Il ajoutait qu’il n’y avait « pas de réponses toutes prêtes » et que chacun faisait au mieux : « L’histoire montrera si le résultat est différent, en fonction des approches. »
« Nous sommes dans des phases différentes »
A Stockholm, le premier ministre, Stefan Löfven, fréquemment questionné sur ce particularisme suédois, minimise aussi les différences, dans un entretien au quotidien Dagens Nyheter, publié le 3 avril : « Tous les pays réfléchissent à la façon de mettre en place la distanciation sociale et de renforcer leur système de santé. Ensuite, on le fait différemment. Parfois, parce que nous sommes dans des phases différentes. »
Relativement similaires au début de l’épidémie, les courbes d’évolution de l’épidémie se sont disjointes, fin mars. Alors que le nombre de décès reste encore limité en Finlande et en Norvège, avec 25 et 54 morts au total, dimanche, le Danemark constatait 179 décès et la Suède, 401 – avec près de deux fois plus d’habitants que ses voisins.
A Stockholm, l’épidémiologiste en chef, Anders Tegnell, explique les différences par un décalage dans l’épidémie : « La Finlande est plusieurs semaines après la Suède, tandis qu’en Norvège, les personnes contaminées jusqu’à présent étaient plus jeunes, tandis que le Danemark suit une évolution comparable. »
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