Face à la deuxième vague de Covid-19, Moscou rechigne à imposer des mesures drastiques

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Dans une rue du centre de Moscou, le 15 septembre 2020.

Observer l’état sanitaire et politique de la Russie à l’heure de la deuxième vague de Covid-19 revient à jouer au jeu des sept différences. A quelques détails près, la situation à l’automne est un calque de celle qui prévalait au printemps, lorsque le pays voyait l’épidémie s’abattre sur lui avec, déjà, quelques semaines de retard sur l’Europe.

Au titre des similarités, il y a surtout les chiffres : le 6 octobre, celui des nouvelles contaminations quotidiennes a égalé le pic des 11 600 atteint le 11 mai, lors de la première vague, à une époque où Moscou se targuait déjà de tester massivement.

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Depuis, l’augmentation est continue. Lundi 12 octobre, un nouveau record a été battu, avec 13 592 nouveaux cas. La Russie est toujours au quatrième rang mondial pour le nombre total de contaminations.

La géographie de l’épidémie est aussi similaire à celle du printemps. Moscou occupe toujours la tête, avec près d’un tiers des nouvelles contaminations. Suivent la région de Saint-Pétersbourg, le Caucase, la Russie centrale… Parmi les rares chiffres disponibles, plusieurs de ces régions font état de lits destinés au coronavirus occupés à 90 %. D’autres actes médicaux sont retardés.

Le climat a changé

La comparaison s’arrête là. Car à l’époque du pic printanier, la Russie avait pris de longue date des mesures drastiques. La grande majorité des commerces et des lieux de loisirs avaient été fermés et des dizaines de millions de Russes soumis à un confinement strict. Ces mesures ont été subitement levées en juin, avant le vote d’une réforme constitutionnelle donnant au président Vladimir Poutine le droit de rester au pouvoir jusqu’en 2036.

Aujourd’hui, la sévérité n’est plus de mise. Si les frontières du pays sont closes depuis mars, la Russie paraît vivre dans l’insouciance. Même à Moscou, où le maire, Sergueï Sobianine, s’était distingué par sa prudence, le climat a radicalement changé. La fermeture des bars ou des boîtes de nuit, souvent bondés, n’est pas même à l’ordre du jour, et l’obligation de porter le masque dans les transports, bien appliquée au printemps, est devenue très théorique.

La mairie a seulement demandé, fin septembre, aux personnes de plus de 65 ans de se confiner, désactivant pour cela leurs cartes de transport à prix réduit. Les entreprises sont sommées de mettre en place le télétravail pour au moins 30 % de leurs employés.

Le pari des autorités semble être que l’expérience acquise au printemps permettra de tenir face à une deuxième vague. Un médecin moscovite confirme au Monde que la transformation des hôpitaux en structures consacrées au Covid-19 se fait de manière « beaucoup plus efficace et sereine » qu’alors, même si les équipements de protection continuent à manquer. Ce médecin s’exprime anonymement, nombre de soignants ayant été sanctionnés pour avoir parlé à la presse.

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