« Européens, ne rêvez pas. Ni Joe Biden ni Bernie Sanders ne défendra une politique étrangère véritablement alternative »

0
97

[ad_1]

Bernie Sanders (gauche) et Joe Biden (droite) le 7 février lors d’un débat démocrate à Manchester, dans le New Hampshire.
Bernie Sanders (gauche) et Joe Biden (droite) le 7 février lors d’un débat démocrate à Manchester, dans le New Hampshire. TIMOTHY A. CLARY / AFP

Phil Gordon se souvient très bien du 19 mars 2011. Ce jour-là, il accompagnait à l’Elysée Hillary Clinton, alors chef de la diplomatie américaine, dont il était le collaborateur. « On entre à l’Elysée, raconte-t-il neuf ans plus tard, et Sarkozy nous annonce que les avions français ont commencé à bombarder la Libye. »

Bon prince, le président français offre à l’administration Obama la possibilité de s’opposer à cette opération. « Evidemment, on ne pouvait pas s’y opposer », explique l’ancien responsable américain : il s’agissait, après tout, d’éviter un massacre de civils à Benghazi par les forces du colonel Kadhafi ; une résolution en ce sens avait été adoptée deux jours plus tôt par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Mais en termes opérationnels, ce jour-là, les Etats-Unis furent mis « devant le fait accompli ». L’opération libyenne devait devenir la première intervention extérieure que les Américains affirmeraient ensuite avoir « dirigée de l’arrière », en laissant les Européens « prendre les devants », selon une expression rendue célèbre par un article du New Yorker.

C’était une autre époque – un autre monde : le monde pré-Trump, dans lequel Américains et Européens œuvraient de concert, relativement aisément. Cette époque est-elle définitivement révolue, ou peut-elle revenir si Donald Trump est chassé de la Maison Blanche, le 3 novembre ?

Echecs successifs

Phil Gordon soutient aujourd’hui la campagne de Joe Biden pour l’investiture démocrate à l’élection présidentielle, après avoir participé à celle de Kamala Harris pour les primaires, puis à celle de Pete Buttigieg, deux candidats qui se sont retirés de la course. Il vient de terminer un livre, à paraître en juin aux Etats-Unis et dont il a présenté la thèse, lundi 9 mars, à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, dans le cadre de la chaire « Grands enjeux stratégiques contemporains » : Losing the Long Game (« perdre sur la longueur », St. Martin’s Press, non traduit).

Ce livre, qui a pour sous-titre « The False Promise of Regime Change in the Middle-East » (« La fausse promesse du changement de régime au Moyen-Orient »), tire les leçons des échecs successifs des interventions extérieures des Etats-Unis dans le monde arabo-musulman visant à changer le régime en place, depuis le renversement du premier ministre iranien, Mohammed Mossadegh, en 1953, orchestré par la CIA, jusqu’à l’invasion de l’Irak, en 2003.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: