Etre Noir aux Etats-Unis, de la mort de Michael Brown à celle de George Floyd

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Manifestation après la mort de George Floyd lors de son arrestation par la police, devant le Capitole, à Washington, le 3 juin.
Manifestation après la mort de George Floyd lors de son arrestation par la police, devant le Capitole, à Washington, le 3 juin. Jacquelyn Martin / AP

Le 9 août 2014, dans la petite ville de Ferguson, dans le Missouri, Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans, dit « Big Mike » en raison de sa taille, était abattu par le policier blanc Darren Wilson, alors qu’il marchait dans la rue en début d’après-midi. Il n’était pas armé. Sa mort avait déclenché un embrasement qui avait duré près de deux semaines dans cette banlieue de Saint Louis. Barack Obama avait interrompu ses vacances et dépêché sur place son ministre de la justice, Eric Holder.

A Ferguson, les Américains avaient découvert une nouvelle génération de militants antiracistes : radicaux, déterminés et armés d’un slogan qui claquait comme un hashtag : « Black Lives Matter ». « Les vies noires comptent » : une expression conçue en 2013 par trois Californiennes révoltées par une autre bavure – celle-là aux mains d’un civil qui s’était cru en droit de faire la police lui-même et qui avait abattu un lycéen qui marchait dans une résidence de Floride : Trayvon Martin, 17 ans, « armé » d’un paquet de bonbons.

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En ce début juin, alors que les Etats-Unis entrent dans la deuxième semaine de manifestations contre le meurtre – requalifié en homicide volontaire – de George Floyd sous la botte d’un policier blanc, le 25 mai, à Minneapolis (Minnesota), la localité de Ferguson s’est de nouveau signalée à la mémoire collective. Cette fois dans un signe encourageant, presque une confirmation que « l’arc de l’univers moral est long mais tend vers la justice », selon la formule de Martin Luther King que ne manque jamais de citer Barack Obama – comme il l’a de nouveau fait, mercredi 3 juin, dans sa première intervention depuis que le pays est entré en rébellion contre les injustices raciales.

Une accalmie dans l’escalade

Pour la première fois de son histoire, Ferguson a élu un maire noir, mardi 2 juin au soir. Et il s’agit d’une femme : Ella Jones, une chimiste de 65 ans. En 2014, le conseil municipal ne comptait qu’un Afro-Américain. Maintenant, ils sont quatre sur six membres. Le Saint Louis Dispatch a interrogé Ella Jones sur la signification de sa victoire. « Ça veut dire que j’ai du boulot, a-t-elle répondu. Quand vous êtes afro-américaine, on vous en demande plus qu’aux autres. » Barack Obama, dont l’obsession actuelle est de convaincre les jeunes de l’utilité de voter, a salué la victoire de Mme Jones. Elle montre que le processus électoral peut « changer qui a le pouvoir de procéder à un vrai changement », a-t-il dit.

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