état de grâce pour le gouvernement autrichien et son chancelier conservateur

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Sebastian Kurz, chancelier autrichien, et Werner Kogler, vice-chancelier, à Vienne, le 29 avril 2020.
Sebastian Kurz, chancelier autrichien, et Werner Kogler, vice-chancelier, à Vienne, le 29 avril 2020. ROLAND SCHLAGER / AFP

Le gouvernement autrichien atteint un niveau de confiance jamais vu. Selon le sondage Ipsos-Sopra Steria pour le Cevipof, 84 % des Autrichiens lui font confiance pour gérer cette crise du coronavirus, niveau le plus haut parmi les différents pays européens mesurés dans ces enquêtes. Avec une moyenne de 6,8, l’action du chancelier conservateur, Sebastian Kurz, est la mieux notée de tous les dirigeants testés.

Début avril, Wolfgang Bachmayer, directeur de l’institut OGM, avait déjà enregistré « les valeurs les plus élevées jamais mesurées », avec 74 % d’opinions favorables pour M. Kurz. Un « niveau record, presque exagéré, qui n’est dû qu’à la crise du coronavirus », avait-il expliqué.

Même si, depuis, la cote de popularité du gouvernement de coalition écolo-conservateur a un peu reculé, elle reste à un niveau bien plus élevée que celle des autres pays. Pour une grande majorité des Autrichiens, leur gouvernement, tout juste intronisé début janvier, a été exemplaire en prenant des mesures de confinement très tôt, sans être jamais aussi restrictives qu’en France ou en Italie.

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Fin avril, 78 % des sondés approuvaient la politique gouvernementale sur le coronavirus. Ce chiffre avait atteint 91 % fin mars. « Nous avons réagi plus vite et plus drastiquement. On a pu éviter le pire », a expliqué Sebastian Kurz le 6 avril, à l’unisson d’un sentiment largement partagé par sa population.

Une opposition inaudible

Avec 584 morts pour 8,8 millions d’habitants, les hôpitaux de la République d’Europe centrale n’ont jamais été débordés, tandis que les habitants ont toujours conservé le droit de se promener dans la nature, en respectant scrupuleusement les distances sociales. L’extrême civisme des Autrichiens a suffi ensuite au pays pour être parmi les premiers d’Europe à opérer un début de déconfinement, le 14 avril.

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Vendredi 1er mai, les restrictions de déplacement ont également été levées, seuls les événements de plus de 10 personnes restant interdits. Face à ce succès, l’opposition est inaudible, même si l’extrême droite essaye de faire parler d’elles en dénonçant une politique « trop angoissante », et les socialistes en demandant plus d’aides sociales.

« Nous sommes sortis renforcés de toutes les crises. Et cela sera encore le cas cette fois-ci, j’en suis sûr », s’est même permis d’affirmer Sebastian Kurz, lors de son discours pour célébrer les 75 ans de la République autrichienne, le 27 avril. A seulement 33 ans, le gendre parfait de la politique autrichienne continue son parcours politique spectaculaire. Après s’être fait connaître en Europe pour ses positions anti-immigration très dures et avoir gouverné avec l’extrême droite entre 2017 et 2019, il profite de son alliance inédite avec les écologistes pour polir son image.

Désormais crédité par les sondages de plus de 45 % des intentions de vote, contre 37,5 % obtenus lors des législatives de septembre 2019, il est même soupçonné par certains de rêver d’élections anticipées afin d’obtenir une majorité absolue en se débarrassant de ses alliés écologistes. Ces derniers ont progressé dans les intentions de vote à la faveur de la crise, mais dans une moindre proportion. « C’est absurde, il n’y a aucune raison de spéculer sur un scrutin anticipé », a toutefois assuré M. Kurz mercredi 29 avril.

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