« Est-ce que je dois mourir, alors que le procureur n’a même pas requis la peine de mort ? »

0
62

[ad_1]

Protestation contre les conditions de détention des prisonniers de San Quentin (Californie) pendant l’épidémie de Covid-19, le 9 juillet.

LETTRE DE SAN FRANCISCO

Le 5 mars, le professeur de journalisme William Drummond était annoncé chez Manny’s, un café et lieu de rencontre de San Francisco, pour présenter son livre sur la prison de San Quentin et le San Quentin News, le magazine des détenus auquel il participe depuis des années. L’événement n’a, bien sûr, pas eu lieu, la vie sociale s’étant arrêtée à cause du coronavirus.

Près de sept mois plus tard, le 21 septembre, le journaliste est retourné pour la première fois à San Quentin, la redoutable prison de la baie de San Francisco, immortalisée par la chanson Living Hell (« un enfer ») que Johnny Cash vint chanter sur place en 1969. Bill Drummond n’a pas pu franchir le donjon de 1852, où sont filtrées les entrées, mais il a pu déposer de la lecture pour les rédacteurs du mensuel, à l’isolement depuis le début de la pandémie.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Californie, les condamnés à mort vieillissent dans leurs couloirs

Entre-temps, San Quentin – la plus grande prison de Californie, avec 3 000 détenus, dont 725 dans le couloir de la mort – a vécu un enfer, mais d’un tout autre ordre que celui dépeint par la légende de la country.

Jusqu’à fin mai, la direction avait pu se flatter d’un bilan quasi miraculeux : six cas de contamination parmi les gardiens mais aucun parmi les prisonniers. Aujourd’hui, l’établissement figure en tête des foyers de contamination aux Etats-Unis ; 2 220 prisonniers infectés, plus de 100 hospitalisés et vingt-six qui n’ont pas pu être sauvés.

Tout a basculé le 30 mai, avec l’arrivée par autocar de 121 détenus en provenance de Chino, un centre de détention pour hommes âgés, situé dans la région de Los Angeles. Les transférés étaient censés avoir été testés, mais l’enquête a établi que le dépistage remontait à plusieurs semaines. A leur arrivée à San Quentin, les nouveaux ont été mélangés aux autres, dans des cellules fermées par des grilles, aux quatrième et cinquième étages, mal ventilés. Le virus n’a eu qu’à se propager.

Surcapacité

Dès début juin, un premier cas est signalé. Trois semaines plus tard, ce sont 500 hommes qui sont contaminés. Puis, le 7 juillet, 1 300 prisonniers et 184 employés. La prison commence à paniquer. Il n’y a pas de place ; les détenus sont à deux dans des cellules de trois mètres sur deux, empilées sur cinq étages.

Comme toutes les prisons californiennes, San Quentin est surpeuplée : à 110 % de sa capacité. En 2001, il a fallu que les détenus portent plainte pour atteinte à leur santé avant qu’une autorité se saisisse de l’affaire. En 2009, la justice a ordonné à l’Etat de désengorger les prisons et ne plus les laisser dépasser 137,5 % de leur capacité.

Il vous reste 55.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: