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Le candidat soutenu par la Turquie, Ersin Tatar, a été élu dimanche 18 octobre à la présidence de la République turque de Chypre du Nord (RTNC), non reconnue par la communauté internationale, avec 51,69 % des voix face au président sortant Mustafa Akinci, crédité de 48,26 % des suffrages.
Sitôt élu, M. Tatar, 60 ans, a exhorté l’Union européenne (UE) et les Nations unies à se montrer « justes » et à changer de cap sur la manière d’aider aux négociations en vue de la réunification de l’île, divisée depuis quarante-six ans. « Vous n’ignorerez plus les droits du peuple chypriote turc », a déclaré le vainqueur, après l’annonce de sa victoire.
Séparée entre la République de Chypre (chypriote grecque), membre de l’Union européenne, et la République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue par la Turquie seulement, l’île est redevenue un foyer de tensions depuis la découverte de gisements de gaz au large de ses côtes. Après des forages réalisés au large de la partie nord de l’île, la Turquie a renvoyé cette semaine un navire de prospection dans les eaux chypriotes grecques, au risque de faire monter la tension avec l’UE, qui défend les droits de la République de Chypre.
Impasse totale
L’impasse est totale entre les deux communautés depuis que les négociations en vue de la réunification, menées sous l’égide de l’ONU, se sont soldées par un échec en juillet 2017, la partie turque refusant d’évacuer les quelque 30 000 soldats turcs stationnés dans la partie nord de l’île. La relance des pourparlers est la seule façon d’apaiser les tensions croissantes au large de l’île, la Turquie réclamant, au nom de ses protégés chypriotes turcs, un accès aux gisements d’hydrocarbures et un nouveau partage des eaux.
Avec Ersin Tatar aux manettes, la perspective d’une réouverture des négociations s’estompe. Proche du président turc Recep Tayyip Erdogan, ce nationaliste est opposé au principe d’un Etat fédéral pour Chypre, poussant pour une solution à deux Etats, conformément aux vues de la Turquie. « S’il y a une solution, elle devra être basée sur une égalité de souveraineté », a-t-il coutume de répéter.
Après l’annonce de sa victoire, M. Tatar a téléphoné à M. Erdogan qui l’a félicité, lui rappelant leur coopération au sujet des « activités liées aux hydrocarbures dans la Méditerranée orientale ». Tout au long de la campagne électorale, le numéro un turc n’a pas ménagé son soutien à son poulain, une ingérence dénoncée par Mustafa Akinci, le président sortant. En froid avec M. Erdogan, ce social-démocrate partisan d’une solution fédérale n’a eu de cesse de dénoncer l’intrusion d’Ankara dans le jeu politique chypriote turc, décrivant l’ambassade de Turquie sur place comme le « QG de campagne » de son adversaire.
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