Endeuillés par les féminicides et les crimes mafieux, les Arabes israéliens veulent plus de sécurité

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Plus de 60 % des meurtres du pays ont lieu au sein de cette communauté, qui ne représente que 20 % de la population.

Par Publié le 26 septembre 2019 à 00h44

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LETTRE DE JÉRUSALEM

Affiches de campagne électorale à Qalansawe, où figurent Ayman Odeh (à droite), le leader de la liste unie des partis arabes en Israel, le 3 avril.
Affiches de campagne électorale à Qalansawe, où figurent Ayman Odeh (à droite), le leader de la liste unie des partis arabes en Israel, le 3 avril. Ammar Awad / REUTERS

Un mariage à Basmat Tabun, un village bédouin proche d’Haïfa, dans le nord d’Israël, a été endeuillé dans la nuit du 21 septembre. Un homme de 45 ans, Ibrahim Kamal Saadi, et une mère de 20 ans, Bian Dalayka, ont été tués, au cours d’une querelle qui a dégénéré en échanges de coups de feux. Ce fait divers a résonné à travers tout le pays.

Selon des témoignages, la dispute a débuté en raison de la présence d’alcool servi au mariage, qui se tenait près d’une mosquée. Un témoin a affirmé au quotidien Haaretz que Bian Dalayka avait été touchée alors qu’elle tentait de fuir avec sa petite fille.

Le même jour, deux hommes ont été tués par balles dans des villes arabes aux alentours d’Haïfa : un vendeur de voiture, abattu à l’entrée de son village par un groupe qui visiblement l’attendait ; et un homme de 35 ans, dont le corps avait été retrouvé dans un véhicule quelques heures plus tôt.

Crimes « d’honneur »

Ces crimes n’ont rien d’exceptionnel. Depuis le début de l’année, 67 personnes ont été assassinées dans les villes et les quartiers arabes d’Israël, souvent en plein jour et en public. Ce chiffre représente 60 % du total national (102 morts), alors que la minorité arabe israélienne, descendante des Palestiniens demeurés sur leurs terres à la création de l’Etat d’Israël en 1948, ne forme que 20 % de la population israélienne.

Ce sont pour partie des féminicides : des crimes familiaux dits « d’honneur ». Mais l’essentiel est le fait de mafias, qui opèrent dans une relative impunité. Celles-ci profitent depuis dix ans du manque de surveillance policière et de la circulation massive d’armes dans les quartiers arabes. La police en compte une pour quatre foyers ; des armes ponctionnées par de petites mains dans les stocks de l’armée. Les familles mafieuses font leur lit sur un relatif enrichissement de la classe moyenne. Elles s’infiltrent dans les municipalités, en profitant de l’affaiblissement continu des partis arabes.

La liste unie de ces partis, arrivée dans un sursaut à la troisième place aux élections législatives du 17 septembre, avec treize sièges à la Knesset, place désormais la lutte contre la criminalité en haut de ses revendications auprès de l’Etat.

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Le 21 septembre, le jour du meurtre de Basmat Tabun, son leader, l’ancien avocat Ayman Odeh, l’a rappelé alors qu’il faisait un pas historique, en demandant au président israélien Réouven Rivlin de confier au chef d’un parti sioniste, Benny Gantz, le soin de former un gouvernement. Les formations arabes n’avaient osé un tel geste qu’en 1992, pour recommander le premier ministre Yitzhak Rabin, un an avant que ce dernier ne signe les accords de paix d’Oslo.

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