En Thaïlande, les manifestations d’étudiants se multiplient

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Une manifestation à Bangkok, samedi 25 juillet. Le salut, les doigts levés, des manifestants est une référence à la dystopie américaine « Hunger Games », où il symbolise la résistance.

Un virus antigouvernemental est en train de se propager à grande vitesse dans de nombreuses universités de Thaïlande : si le Covid-19 a fait ici peu de ravages (58 morts pour une population de 69 millions d’habitants, selon les chiffres officiels), ses conséquences économiques sont dramatiques et ont cristallisé une colère estudiantine ancienne à l’encontre des pouvoirs en place.

Les ressorts de cette fronde dépassent le contexte immédiat : derrière le mécontentement ponctuel, c’est aussi le ras-le-bol de toute une génération à l’égard de l’« axe » militaro-monarchique, aux manettes depuis des lustres, qui semble ainsi s’exprimer dans ce royaume du « coup d’Etat permanent ».

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Un bouillonnement inédit dans les universités

Depuis plus d’une semaine, des manifestations pacifiques de jeunes, brandissant vers le ciel de mousson des pancartes conspuant les élites au pouvoir, se multiplient à Bangkok et dans tout le pays. Depuis que des milliers de jeunes s’étaient rassemblés, samedi 18 juillet, devant le célèbre monument de la démocratie, dans le Bangkok historique, les chefs de file de ce mouvement protéiforme n’ont pas baissé la garde.

Leurs doléances ? Démission du gouvernement, dissolution de l’Assemblée nationale et écriture d’une nouvelle constitution. La dernière en date avait été promulguée en 2017 sous le régime militaire. Dans le viseur des manifestants : le rétablissement d’une démocratie de plein droit, les élections législatives de l’année dernière ayant ramené aux commandes les héritiers de la junte militaire qui gouverna le pays entre 2014 et 2019.

« Nous voulons la démocratie », affiche cette tablette brandie par une manifestante, lors d’un rassemblement près de Bangkok le 23 juillet.

Le rythme des manifestations s’est accéléré durant la semaine écoulée : à Khon Kaen, importante agglomération de la plaine centrale, à Ayutthaya, ex-capitale d’une précédente dynastie, à Pattani, dans le grand Sud musulman insurgé, à Rangsit, près de Bangkok, où les universités ont connu, jeudi, un bouillonnement inédit. Même chose vendredi et samedi, depuis Udon Thani, dans le Nord, à la frontière du Laos, à Korat, dans le Centre, en passant par une faculté de la banlieue de la capitale.

La semaine dernière, un groupe de protestataires s’était rassemblé devant le quartier général de l’armée à Bangkok. Un portrait du commandant en chef, le général Apirat Kongsompong, y avait été solennellement déchiré.

La monarchie critiquée

Un nombre considérable de jeunes étaient déjà, en période « pré-Covid », plus que lassés d’un gouvernement dont le premier ministre, l’ex-général Prayuth Chan-o-cha, est l’auteur du dernier putsch de 2014. Alors que le royaume va entrer dans une récession quasi inédite dans son histoire contemporaine – la Banque de Thaïlande prévoit une contraction de 8,1 % du PIB, soit plus que celle que lui avait infligée la crise asiatique de 1997 –, les signaux sont passés au rouge.

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