en Russie, une réaction lente et le soupçon d’une sous-estimation de l’épidémie

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Sur la place Rouge, à Moscou, le 17 mars.
Sur la place Rouge, à Moscou, le 17 mars. DIMITAR DILKOFF / AFP

La Russie se réveille doucement. Après avoir pris relativement tôt des mesures de contrôle à ses frontières, le pays avait sombré dans une douce illusion : le virus du Covid-19 pouvait être contenu hors du territoire national, et Moscou pourrait échapper à la crise mondiale suscitée par la pandémie.

Lundi 16 mars, un changement s’est amorcé. Ce jour-là, le chiffre des contaminations recensées officiellement a augmenté de 47 % par rapport au jour précédent, pour atteindre un total − encore modeste − de 93, dont trois cas de contaminations internes à la Russie, et plus seulement de contaminations observées sur des individus arrivés de l’étranger. Ce chiffre est passé à 114 mardi, avec 10 contaminations internes.

Cette annonce a été accompagnée de nouvelles mesures restrictives. Amorcé dès le 1er février, avec la clôture des 4 200 kilomètres de frontière terrestre avec la Chine, le cadenassage du pays est désormais complet : du 18 mars au 1er mai, l’entrée sur le territoire russe est interdite à tous les étrangers.

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Parallèlement, la ville de Moscou a accentué ses restrictions sur les rassemblements, interdisant ceux réunissant plus de 50 personnes dans un espace confiné. Les écoles et les universités de la capitale seront fermées du 21 mars au 12 avril. D’ici là, les parents sont libres d’envoyer ou non leurs enfants à l’école. Conseil est donné aux personnes âgées de rester chez elles, mais aucun confinement n’a été décrété, hormis pour les personnes arrivant de pays touchés par l’épidémie.

Système de santé russe très démuni

A l’exception d’une poignée de villes, de telles mesures sont encore inexistantes ailleurs en Russie. A tel point que les matches du championnat de football continuent de se jouer, en public, et sans même la mesure symbolique voulant que les joueurs ne se serrent pas la main. Le vice-premier ministre, Dmitri Tchernichenko, proposait même, le 13 mars, d’accueillir davantage de matches de l’Euro de football sur le sol russe, quand celui-ci était encore prévu pour juin. Pour comparaison, en Ukraine voisine, la ville de Kiev annonçait au même moment la fermeture de son métro.

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Malgré tout, les messages de prévention se font de plus en plus présents et le discours médiatique a commencé à évoluer depuis le week-end, évoquant la gravité de la crise qui pourrait advenir. Celle-ci pourrait être d’autant plus rude que le système de santé russe est très démuni, particulièrement en province.

Le discours politique, lui, reste minimal. Après avoir évoqué une première fois, publiquement, les manipulations et les rumeurs disséminées par « des forces organisées depuis l’étranger », Vladimir Poutine a annoncé la création, le 15 mars, d’un groupe de travail destiné à lutter contre l’épidémie, dirigé par le maire de Moscou, Sergueï Sobianine. Le 17 mars, il s’est rendu dans le centre de crise moscovite, amorce peut-être d’un changement de stratégie. Au même moment, les télévisions montraient des tracteurs creusant les fondations d’un futur centre d’accueil pour malades en banlieue de Moscou.

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