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La Podlachie se vide de ses habitants, qui partent à l’ouest du pays, voire dans d’autres Etats européens.
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Longtemps, la vie de Nurzec-Stacja, à l’est de la Pologne, a tourné autour de la gare. Un petit bâtiment de briques et de pierres fièrement dressé le long des voies, bâti en 1905, lorsque la région était sous domination russe. Ici transitaient le bois et les marchandises acheminées vers la Biélorussie voisine. Dans les années 1950, des entrepôts de munitions se sont implantés dans la commune, à proximité des installations ferroviaires. Et avec eux, près de 300 militaires et leurs familles. « La ville a pris son essor grâce à eux, ainsi qu’aux usines de traitement de bois », raconte le maire, Piotr Jaszczuk.
Après la chute du bloc soviétique, les usines de bois, privatisées, ont fermé une à une. Puis l’armée a plié bagage, en 1999. Depuis, la population de la commune fond. Les commerces ferment. Dans la petite gare tout juste rénovée, en partie reconvertie en bibliothèque, le passage des trains se fait rare.
L’élu, au visage marqué, regrette :
« Notre ville est belle mais aucun investisseur n’a envie de s’installer si près de la Biélorussie. L’essentiel des exportations polonaises va vers l’Allemagne, de l’autre côté du pays, alors les industries se développent là-bas. »
« Une spirale négative »
En 2017, le produit intérieur brut (PIB) par habitant de la région, la Podlachie, s’élevait à 11 800 euros, selon Eurostat. Loin des 45 700 euros par habitant de la capitale Varsovie ou des 23 100 euros et 22 800 euros des régions de la Basse-Silésie et de la Grande-Pologne, à l’ouest, le cœur économique de la Pologne. Là où Volkswagen, Siemens, LG ont construit leurs usines, tandis que les multinationales IBM, Capgemini et HSBC ont localisé une partie de leurs services autour de Cracovie. Au détriment de l’est.
Comme dans beaucoup de pays européens, ce fossé est en partie le fruit de l’exode rural qui, en Pologne, s’est accéléré après 1989. Mais pas seulement. « Il est aussi l’héritage complexe de la longue partition du pays, jusqu’au début du XXe siècle », complètent Maria Halamska et Monika Stanny, de l’Institut de développement rural et agricole, à Varsovie. Au XVIIIe siècle, l’Ouest et le Sud tombent sous domination de la Prusse et de l’Autriche-Hongrie, où se développent le tissu industriel et de grandes exploitations agricoles. A l’Est, sous autorité russe, l’activité rurale faite de petites fermes morcelées l’emporte. L’écart se creuse encore sous le communisme : entre 1950 et 1985, le Sud-Ouest, notamment la région minière de Silésie, concentre 40 % des investissements, tandis que l’Est n’en reçoit quasiment aucun.
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