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A l’issue d’une participation électorale record, le PiS renouvelle son mandat mais sera confronté à une opposition renforcée.
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Il aura fallu comme un rappel de ses supporteurs qui scandaient « Jaroslaw ! Jaroslaw ! » pour que le chef du parti Droit et justice (PiS) revienne sur scène avec un bouquet à la main et un sourire aux lèvres. Le premier discours de Jaroslaw Kaczynski, tout au conditionnel, était beaucoup plus mesuré. « Nous avons des raisons d’être heureux, nous avons gagné malgré l’énorme front constitué contre nous (…) mais nous sommes une formation qui mérite plus, lançait-il au soir des élections législatives, dimanche 13 octobre. Si nous gouvernons encore quatre ans, nous devons commencer par une réflexion sur ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas marché. »
A cet instant, dans les coulisses du siège du parti, rue Nowogrodzka, à Varsovie, chacun sait que, malgré la victoire imposante du PiS proclamée par les sondages sortie des urnes, la majorité absolue n’est pas garantie. En écho, sur les plateaux de télévision, le vice-premier ministre Jaroslaw Gowin ajoute : « Plus de la moitié des Polonais ont voté contre nous malgré une excellente conjoncture économique. C’est un message que nous devons analyser. »
Au pouvoir depuis 2015, les ultraconservateurs remportent malgré tout une victoire historique avec 44,38% des suffrages – selon les résultats portant sur 91,92% des bureaux de vote, publiés par la Commission électorale nationale – ce qui devrait lui assurer 239 sièges sur 460 à la Diète, la chambre basse du Parlement. Le PiS réalise ainsi le plus gros score jamais atteint par un parti depuis la chute du communisme en 1989, dans un contexte de participation record de 61,1 % inégalée depuis cette date. De quoi assurer au président Andrzej Duda (PiS) une position archifavorite pour sa réélection lors de la présidentielle de mai 2020.
Du côté de l’opposition, la Coalition civique (KO), qui réunit autour de la Plate-forme civique de centre-droit, les Verts et un mouvement féministe, a obtenu 26,77% des voix, après une campagne calamiteuse. La gauche unie fait son grand retour à la Diète après quatre ans d’absence, avec 12,34 % des suffrages. Quant aux conservateurs paysans du PSL, ils obtiennent un score inattendu (8,83 %), tandis que l’extrême droite de Konfederacja (6,76 %) devrait envoyer pour la première fois une dizaine de députés au Parlement.
Bipolarisation
Ces résultats dessinent un paysage politique radicalement différent de celui en place ces quatre dernières années. La bipolarisation de la Pologne, à laquelle Jaroslaw Kaczynski tenait tant, laisse place à une opposition qui redresse la tête. Au lieu d’avoir un bloc affaibli en face de lui, il fait face à quatre adversaires distincts et déterminés à jouer leur partie. La gauche, en particulier, va promouvoir l’idée de la séparation de l’Eglise et de l’Etat et défendre une approche progressiste sur les questions de société. Les paysans du PSL, dont le chef du PiS convoitait avec avidité l’électorat, ont résisté au pilonnage des médias propouvoir.
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