En Pologne, le pouvoir et ses rivaux libéraux satisfaits du premier tour de la présidentielle

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Andrzej Duda et Agata Kornhauser-Duda lors du premier tour de l’élection présidentielle polonaise, à Lowicz, le 28 juin.

La campagne électorale la plus surprenante de l’histoire récente de la Pologne aura paradoxalement délivré un score largement prévisible. En tête, le président sortant Andrzej Duda, du parti national-conservateur Droit et justice (PiS), aura atteint son objectif avec 42,9 % de soutien. En seconde position, son adversaire libéral, le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski (Plate-forme Civique, centre droit), avec 30,3 % des voix, réussit à franchir la barre symbolique que son équipe de campagne considérait comme une condition indispensable à une potentielle victoire. A l’annonce des résultats, les camps des deux candidats avaient de bonnes raisons de fêter les résultats dans l’euphorie.

Car si la différence entre les deux adversaires paraît considérable, Rafal Trzaskowski peut compter sur des reports de voix au second tour nettement plus favorables que le président sortant. En troisième position, un candidat de la société civile, l’ancien journaliste Szymon Holownia, obtient un score de 14 %, des électeurs qui dans leur écrasante majorité sont acquis à Rafal Trzaskowski. Pour la première fois dans une élection polonaise, c’est l’extrême droite du parti Konfederacja, dont le candidat Krzysztof Bosak a obtenu 6,9 % des voix, qui pourrait jouer le rôle de faiseur de rois.

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Remise à zéro des compteurs

Les deux vainqueurs ont d’ailleurs ouvertement et sans attendre tenté de séduire les électeurs nationalistes lors de leur discours. Le président Duda a affirmé que « pas grand-chose ne le différencie » des électeurs de M. Bosak en ce qui concerne « le souci de la famille traditionnelle et des intérêts de la nation ». Rafal Trzaskowski a quant à lui souligné que malgré « les nombreuses différences » qui les séparent, le « combat pour les libertés économiques et contre un Etat omnipotent » les unit.

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Selon plusieurs études, de 30 à 40 % des électeurs nationalistes, aux penchants libertariens, pourraient voter pour le candidat libéral contre « l’étatisme » du PiS. Krzysztof Bosak n’a cependant pas l’intention de donner de consignes de vote. Le candidat du parti paysan PSL, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, et celui de la gauche, Robert Biedron, récoltent respectivement 2,5 % et 2,3 % des voix, qui alimenteront aussi largement l’électorat de Rafal Trzaskowski.

Rafal et Malgorzata Trzaskowski après l’annonce des résultats du premier tour de l’élection présidentielle polonaise, à Varsovie, le 28 juin.

Le président sortant a en revanche fortement amélioré son score par rapport à l’élection de 2015, où il avait obtenu 34,76 % des voix au premier tour. Il l’a également emporté dans douze régions sur seize, alors que le rapport de force était de huit régions contre huit cinq années auparavant. Malgré cette progression imposante, la plupart des études indiquent que le second tour sera plus serré que jamais : selon une étude réalisée juste après l’annonce des premiers résultats : 45,4 % des personnes interrogées disent vouloir voter pour Andrzej Duda, 44,7 % pour Rafal Trzaskowski et 9,9 % se disent indécises. Le second tour remet les compteurs à zéro.

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