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De ce côté-là de la frontière, le cyclone s’est appelé Brigitte. Mais, pour le reste, les images de désolation venues du nord-ouest de l’Italie, et particulièrement de la Ligurie et du Piémont, ravagés depuis samedi par des pluies torrentielles, sont les mêmes que celles venues des Alpes-Maritimes voisines. Pour l’heure, le bilan humain reste difficile à établir avec certitude, mais il s’élève à au moins sept morts, tandis que les dégâts matériels (coulées de boue, quartiers d’habitations inondés, routes coupées, ponts écroulés) s’annoncent considérables. Dans la journée de dimanche 4 octobre, les présidents de Ligurie et du Piémont, Giovanni Toti et Alberto Cirio, ont annoncé qu’ils demandaient à être déclarés en état de catastrophe naturelle. La demande devait être soumise dès lundi au conseil des ministres.
Dans le Piémont, où deux morts ont été pour l’heure recensés, la journée de samedi a été marquée par des cumuls de précipitations sans précédent, battant tous les records de la région, qui remontaient à 1958. Avec pas moins de 630 millimètres de pluie en vingt-quatre heures, c’est la localité de Sambughetto, dans le nord du Piémont, qui a enregistré les précipitations les plus importantes, mais de nombreuses communes ont relevé des pluviométries comparables, qui représentent la moitié de la moyenne annuelle de précipitations. Résultat de ces chutes d’eau exceptionnelles, le niveau du lac Majeur, aux confins du Piémont et de la Lombardie, s’est élevé de plus de 2 mètres durant la seule journée de samedi, provoquant de nombreux dégâts sur les rives.
« Ne pas baisser la garde »
Mais, comme à chaque épisode de fortes pluies automnales dans le nord de l’Italie, c’est la Ligurie, très désavantagée par sa géographie accidentée et ses cours d’eau capricieux, qui a payé le plus lourd tribut aux intempéries. La partie occidentale de la région, proche de la frontière française, a été la plus touchée : cinq corps ont été rendus par la mer, de San Remo à Vintimille, tandis que la crue de la Roya, qui se jette dans la Méditerranée à Vintimille, provoquait de très lourds dommages. Dimanche, tout en assurant que le plus dur était passé, le président de la région, Giovanni Toti, a appelé les populations à « ne pas baisser la garde » dans les jours prochains, annonçant également que le retour à la normale serait long, étant donné le nombre d’axes routiers bloqués par des chutes d’arbres ou des éboulements.
« Nous continuons à travailler dans la région pour la libérer de la boue (…) particulièrement dans l’arrière-pays de San Remo, où les dégâts du mauvais temps ont été les plus importants », a-t-il précisé en direct sur Facebook, lundi matin.
Si les détériorations les plus spectaculaires ont été observées dans la partie occidentale du Piémont et de la Ligurie, le mauvais temps a fait de lourds dégâts dans l’ensemble du nord du pays, notamment dans la province de Bolzano (Trentin-Haut-Adige), où de nombreuses inondations ont été signalées. Une bonne nouvelle, cependant, qu’ont soulignée l’ensemble des médias italiens : samedi, alors qu’une acqua alta (« marée haute ») relativement importante était annoncée dans la lagune de Venise, le système de digues mobiles MOSE, qui était pour la première fois utilisé en conditions réelles, a fonctionné, et la place Saint-Marc, qui aurait dû se trouver noyée sur une vingtaine de centimètres d’eau, est restée au sec.
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