en Italie, la bataille de la confiance

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Lors d’une manifestation antimasques, le 5 septembre à Rome. Sur la pancarte : « Non à l’obligation vaccinale, oui à la liberté de choisir ».

L’ensemble du projet ne sera annoncé que le 3 décembre au Parlement, mais les grandes lignes du dispositif de la plus importante campagne de vaccination de l’histoire italienne sont déjà connues. A partir du mois de janvier, selon le plan élaboré par le gouvernement italien et son commissaire extraordinaire, Domenico Arcuri, 2 000 centres vont ouvrir dans tout le pays – à raison de un pour 30 000 habitants –, sous la responsabilité de l’armée et du personnel sanitaire. Ces unités seront installées dans des hôpitaux, des gymnases ou même sur des parkings, pour accueillir le mieux possible les patients. L’objectif est de parvenir, dans les meilleurs délais, idéalement avant le début de l’été 2021, à la vaccination de 40 millions d’Italiens, soit les deux tiers de la population, ce qui devrait permettre d’atteindre l’immunité de groupe, et donc de mettre un terme à l’urgence sanitaire.

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A chaque étape de la mise en place du dispositif de vaccination, les défis à affronter seront considérables : outre l’aspect logistique, que la régionalisation des systèmes de santé risque de compliquer encore, et les inévitables retards à affronter, le gouvernement devra également gagner une bataille plus délicate encore, celle de l’opinion : en effet, plus de 40 % d’Italiens, selon les sondages, sont réticents, voire complètement hostiles, à l’idée de se faire vacciner. Le président du conseil, Giuseppe Conte, a d’ores et déjà annoncé qu’en aucun cas la vaccination ne serait obligatoire, suivant en cela l’avis du professeur Franco Locatelli, président du Conseil supérieur de santé, qui a assuré qu’il fallait mieux miser sur « les vertus de la persuasion ».

La mue du Mouvement 5 étoiles

Comme dans de nombreux pays occidentaux, le mouvement antivaccin a prospéré en Italie ces dernières années, sur fond d’hostilité à la recherche scientifique et aux grands groupes pharmaceutiques, au point de flirter parfois avec les thèses conspirationnistes. L’hostilité à l’obligation vaccinale a même été un des chevaux de bataille les plus efficaces du Mouvement 5 étoiles, contribuant à sa progression électorale fulgurante tout au long de la décennie 2010 et à son arrivée au pouvoir, au printemps 2018. Mais d’autres formations, comme la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, ont également pu se montrer réticents, par le passé, aux campagnes menées par le gouvernement en faveur de la vaccination, au nom des libertés individuelles et de l’autonomie des régions.

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