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La conférence de presse avait commencé depuis une dizaine de minutes, vendredi 10 avril au soir, quand le climat a changé, en un clin d’œil.
Jusque-là, le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, avait exposé avec toute la gravité nécessaire la teneur de son dernier décret. Sans surprise, le strict confinement déployé depuis la 8 mars à la suite de l’épidémie due au coronavirus sera prolongé jusqu’au 3 mai. Après cette date seulement, et si la situation s’est suffisamment améliorée, pourrait commencer le temps des aménagements et des réouvertures.
Nulle mauvaise surprise dans cette annonce, juste la conséquence logique d’une situation sanitaire qui s’est certes détendue – le nombre d’hospitalisations baisse régulièrement depuis près d’une semaine – mais reste terriblement difficile. Avec 570 morts enregistrés le 10 avril, la décrue est nette : deux semaines plus tôt, le 27 mars, la mortalité a culminé à 919 victimes en 24 heures. Mais les progrès sont très lents. Le fameux « pic » épidémique semble enfin passé, mais nul n’ignore qu’il serait irresponsable de soudain baisser la garde.
La raison pour laquelle le chef du gouvernement italien s’est soudain crispé n’est pas à chercher dans les méandres de ces courbes statistiques, derrière lesquelles se cachent une multitude de drames humains. C’est qu’il allait devoir aborder un chapitre périlleux : celui de la confrontation avec l’Europe, qui lui vaut un perpétuel procès en mollesse de ses opposants, et en premier lieu des deux têtes d’affiche de l’extrême droite italienne, Matteo Salvini (Ligue) et Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia).
« Haute trahison »
Jeudi soir, les ministres des finances de la zone euro sont parvenus à un accord d’étape concernant la mise en œuvre d’une réponse concertée à l’arrêt, sur tout le continent, d’une grande partie de l’activité économique. Des lignes de crédit se comptant en centaines de milliards d’euros ont été évoquées, et même si la mutualisation des dettes par la voie des « eurobonds » n’a pas été annoncée – la question, du reste, n’était même pas à l’ordre du jour –, certaines avancées notables, comme la création d’un fonds de 100 milliards d’euros destinés à financer les mesures de chômage partiel ou les 200 milliards d’euros de garanties offertes par la Banque européenne d’investissement (BEI) ont été proposées.
Les autres questions sont renvoyées au sommet des chefs d’état et de gouvernement du 23 avril, qui promet d’être particulièrement explosif, mais le gouvernement italien avait des raisons d’être plutôt satisfait. « Cela a été une très bonne première mi-temps, maintenant nous devons gagner le match », a ainsi déclaré aux micros de la RAI le ministre de l’économie italien, Roberto Gualtieri (Parti démocrate, PD, centre gauche), au sortir de la réunion.
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