En Israël, une primaire au Likoud aux allures de référendum sur Benyamin Nétanyahou

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A gauche, le premier ministre Benyamin Nétanyahou. A droite, son rival dans la primaire du Likoud, Gideon Saar.
A gauche, le premier ministre Benyamin Nétanyahou. A droite, son rival dans la primaire du Likoud, Gideon Saar. FRANCOIS LENOIR / REUTERS

Les membres du Likoud, la formation politique de Benyamin Nétanyahou, votaient jeudi 26 décembre pour désigner leur nouveau chef dans le cadre d’une primaire réclamée par le principal rival du premier ministre israélien, Gideon Saar.

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Les bureaux de vote ont ouvert à 9 heures locales (8 heures à Paris) et les quelque 116 000 membres du parti de droite ont jusqu’à 23 heures pour exprimer leur choix. A 15 heures, le taux de participation était de 18 %, selon la formation. Les résultats ne devraient pas être dévoilés avant vendredi matin.

Le vainqueur de la primaire aura la lourde tâche de mener la campagne du Likoud pour les législatives de mars, les troisièmes en moins d’un an.

Benyamin Nétanyahou a voté à son domicile à Jérusalem, où une urne avait été transportée. Gideon Saar, en arrivant au bureau où il a voté près de Tel-Aviv, a estimé qu’il s’agissait d’« un jour fatidique » pour le parti et pour Israël.

« Nous pouvons gagner aujourd’hui et emprunter un nouveau chemin qui nous permettra de former un gouvernement fort et stable. »

A la tête du parti depuis 1993

La primaire, aux allures de référendum sur la popularité de M. Nétanyahou dans ses propres rangs, a peu de chances d’être remportée par le député Gideon Saar, 53 ans.

Mais si elle aboutit à un résultat serré, ce sera un coup dur pour le premier ministre, à la tête du parti depuis 1993 – hormis une parenthèse de six ans lorsque la formation était dirigée par Ariel Sharon (1999-2005) – et chef du gouvernement le plus pérenne de l’histoire d’Israël.

Au terme des élections anticipées d’avril, puis celles de septembre, ni M. Nétanyahou ni le centriste Benny Gantz – dont les partis sont arrivés coude-à-coude à deux reprises – n’ont réussi à rallier 61 députés, seuil de la majorité parlementaire pour former un gouvernement. Le président, Reuven Rivlin, a dû confier cette tâche au Parlement lui-même, qui n’y est pas parvenu.

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Pour le sondeur Stephan Miller, « qu’importe le pourcentage qu’obtiendra M. Saar » :

« Ce sera la première fois en dix ans que des électeurs de droite expriment explicitement leur désir de se débarrasser de Nétanyahou. »

Selon lui, si le rival du premier ministre reçoit plus d’un tiers des votes, « cela portera un coup significatif à Nétanyahou ».

Joue la carte du rassembleur

Le 21 novembre, M. Nétanyahou, 70 ans, a été inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance. Il a dénoncé de « fausses accusations ». Des rivaux au sein du Likoud ont alors appelé à la tenue d’une primaire pour lui désigner un successeur. M. Saar a été plusieurs fois ministre, avant de mettre sa carrière politique entre parenthèses en 2014, après avoir été écarté par M. Nétanyahou.

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Si M. Saar est encore plus marqué à droite que le premier ministre, notamment sur la question palestinienne, il joue la carte du rassembleur au-delà de son propre camp, en misant sur ses relations avec des chefs d’autres formations.

Sans le dire ouvertement, il mise aussi sur le fait qu’il n’est pas inculpé par la justice, le parti Bleu-Blanc (« Kahol Lavan » en hébreu, soit les couleurs du drapeau israélien) de Benny Gantz refusant de partager le pouvoir avec un chef de gouvernement inculpé.

« Il y a un changement dans l’air »

Selon de récents sondages, un Likoud dirigé par M. Saar remporterait moins de sièges que s’il était dirigé par M. Nétanyahou. Toutefois, sous M. Saar, des électeurs du Likoud pourraient se tourner vers d’autres partis de droite, ceux qui n’avaient pas atteint le seuil de 3,5 % des votes pour entrer au Parlement (Knesset) lors des précédents scrutins.

Dans ce cas, le camp conservateur, toutes formations confondues, pourrait être renforcé et potentiellement atteindre le seuil de la majorité parlementaire nécessaire pour former un gouvernement.

Fait inédit, des personnalités du parti, comme le président du Parlement, Yuli Edelstein, ne soutiennent publiquement aucun candidat de la primaire. D’après Ofer Zalzberg, analyste pour International Crisis Group, une telle neutralité aurait été impensable il y a quelques années : « Il y a un changement dans l’air. »

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Pour M. Nétanyahou, il est essentiel de rester en fonction : la loi israélienne prévoit que tout ministre poursuivi pénalement doit démissionner, mais cela ne s’applique pas au premier ministre.

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