En Israël, un reconfinement chaotique

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Manifestation contre le reconfinement, le 8 octobre à Tel-Aviv (Israël).

Un groupe de jeunes femmes vêtues de Lycra brillant a tout juste fini d’entonner « Bibi ciao », reprise à la sauce locale du célèbre chant révolutionnaire italien, qu’une autre clameur s’élève de la place Habima, à Tel-Aviv, samedi 10 octobre au soir. Torah en plastique dans les bras, une bande de jeunes garçons en kippa tricotée fait danser les manifestants masqués. Alors qu’Israël est théoriquement en « confinement resserré », les protestations contre le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, se mêlent aux célébrations de Simhat Torah, qui marque la fin de la fête juive de Soukkot.

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Pour ce nouveau samedi de manifestations, plusieurs milliers de personnes ont fait le déplacement jusqu’à ce centre névralgique de Tel-Aviv. Selon les dernières, et controversées, restrictions visant les rassemblements, toutes sont censées vivre à moins d’un kilomètre. A travers le pays, des centaines de manifestations locales ont eu lieu, mobilisant plusieurs dizaines de milliers de protestataires. A Tel-Aviv, ces rassemblements ont fusionné plus tard dans la soirée pour former un cortège déambulant à travers les rues, violant allègrement les consignes et se jouant des barrages de police.

A quelques kilomètres de là, Bnei Brak, dans la banlieue nord de Tel-Aviv, est plongé dans l’obscurité. En ce soir de Shabbat et jour de fête, les voitures sont à l’arrêt. Seule une ambulance passe, sirène éteinte comme pour ne pas briser le silence ambiant. A l’abord de la plus grande école talmudique de la « capitale des haredim », les ultraorthodoxes, une clameur pourtant s’élève. A peine cachés derrière un drap aux fenêtres, une centaine d’élèves chantent, agglutinés, dans le réfectoire. Ni gestes barrières ni division en petits groupes. Dans les rues, le port du masque varie selon les quartiers et les obédiences : chez les hassidiques, les chapeaux de fourrure ne se marient pas avec les rectangles bleus. Jusque tard dans la nuit, dans toutes les localités religieuses du pays, des dizaines de milliers de dévots ont ainsi fêté Simhat Torah.

Impatience grandissante

Des restaurateurs cassent des assiettes, pour protester contre le reconfinement, le 15 septembre à Tel-Aviv.

Actuellement, en Israël, chacun a ses raisons de transgresser le confinement. La presse évoque une « guerre civile », « l’anarchie ». Depuis le rebond épidémique estival, l’impatience face à la gestion sanitaire chaotique du gouvernement est grandissante. Elle s’ajoute aux mouvements qui réclament depuis des mois le départ du premier ministre mis en examen pour corruption, créant un cocktail explosif.

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