En Iran, la répression s’abat sur de nombreux jeunes

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Un soldat iranien surveille un rassemblement pro-gouvernemental organisé par les autorités à Téhéran, le 25 novembre.
Un soldat iranien surveille un rassemblement pro-gouvernemental organisé par les autorités à Téhéran, le 25 novembre. Ebrahim Noroozi / AP

Les photos de Pouya Bakhtiari montrent un jeune homme brun, les yeux rieurs et sourire aux lèvres. L’Iranien de 27 ans aimait Charles Aznavour, l’histoire de l’Iran et la calligraphie persane. Il y a trois ans, il est devenu végétarien pour protéger l’environnement, expliquait-il sur sa page Instagram. Il a été tué le 16 novembre lors d’une manifestation à Mehrshahr, une petite ville à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Téhéran.

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Selon Amnesty International, au moins 161 Iraniens ont été tués lors de la répression qui s’est abattue sur la grande vague de contestation déclenchée par la hausse des prix de l’essence, à partir du 15 novembre. Bloqué le 16 novembre, Internet est rétabli petit à petit en Iran – sauf dans deux provinces – permettant de donner une image de l’ampleur de cette répression féroce, que les médias iraniens ne sont pas autorisés à couvrir.

« Qu’est-ce qu’il a fait mon fils ? »

La liste des noms des manifestants tués ne cesse de s’allonger. Parmi eux, de nombreux jeunes et adolescents. Du fait des pressions exercées par les autorités iraniennes, très peu de parents et de proches de ces jeunes acceptent de s’exprimer dans les médias étrangers. Les parents de Pouya Bakhtiari sont parmi les rares à avoir pris le risque. Dans un entretien accordé à la chaîne BBC Persian, diffusée depuis Londres, le père de Pouya Bakhtiari explique que son fils s’était rendu, le jour de sa mort, à la manifestation, en compagnie de sa mère et de sa sœur. « Qu’est-ce qu’il a fait mon fils ? Il était là pour protester contre la hausse du prix de l’essence. Je suis fier qu’il ait pris le chemin de la liberté pour son pays », explique l’homme, la voix calme.

« Je suis en train de risquer ma vie. Les parents ! Dites à vos enfants de sortir »

Ses parents ont envoyé à la BBC Persian les vidéos que leur fils a tournées avec son téléphone portable pendant toute la journée du 16 novembre, avant sa mort. Un document rare qui montre comment les manifestations ont commencé dans le calme avant de devenir violentes. Le matin, le jeune homme est au volant de sa voiture et commente les embouteillages créés volontairement par les automobilistes sur une autoroute de Téhéran. « Bravo à tous ! Allons vers la liberté ! », dit le jeune homme, un cheveu sur la langue. « Voici un joli crépuscule. Avec l’espoir d’un meilleur lever de soleil pour le peuple iranien », ajoute-t-il plus tard dans la journée en filmant le soleil couchant.

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