En Iran, la confusion règne sur le bilan des décès dus à l’épidémie de Covid-19

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Des électeurs iraniens, protégés par un masque, remplissent leur bulletin de vote lors des élections législatives, à Téhéran, le 21 février.
Des électeurs iraniens, protégés par un masque, remplissent leur bulletin de vote lors des élections législatives, à Téhéran, le 21 février. Vahid Salemi / AP

L’irruption du coronavirus en Iran a été rapide et meurtrière. Sa gestion par un régime qui a largement épuisé, au cours des derniers mois, son crédit vis-à-vis de la population porte déjà en elle la promesse d’une nouvelle crise de confiance, alors que les Iraniens avaient été appelés aux urnes vendredi.

Lundi 24 février, les autorités confirmaient douze décès survenus dans le pays du fait du virus SARS-CoV-2. En parallèle, un député de Qom, Ahmad Amirabadi Farahani cité par l’agence officielle ILNA, faisait état dans cette seule ville, foyer initial du virus en Iran d’une cinquantaine de morts du virus. Le représentant, accusant les autorités de masquer la vérité et de mentir )à la population réclamait une mise en quarantaine de la ville où selon lui le virus s’est déclaré il y a trois semaines, bien avant les premières annonces officielles.

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Quel que soit le bilan véritable, l’Iran est désormais le pays où l’épidémie a fait le plus de morts en dehors de la Chine. Il revient maintenant à Téhéran de répondre à une crise sanitaire, alors même que les mensonges officiels sur les origines du crash du Boeing d’Ukraine International Airlines, abattu par la défense antiaérienne au-dessus de Téhéran le 8 janvier, restent gravés dans les mémoires.

Pour l’heure, seuls quarante-trois cas ont été reconnus par les autorités, alors que l’opinion publique est persuadée qu’on lui ment. L’anxiété commence en outre à monter, alors que les premières mesures sanitaires entrent en application et que les pays voisins de l’Iran ferment leurs frontières.

Manque de moyens et de préparation

Alors que le coronavirus est apparu en Iran il y a moins d’une semaine, la parole publique sur le sujet est largement remise en cause. En début de semaine, les autorités avaient nié l’arrivée du virus, avant que deux cas mortels ne soient annoncés dans la ville sainte de Qom, centre du clergé chiite.

Certains médecins vont même jusqu’à accuser le gouvernement d’avoir tenté de cacher pendant plusieurs semaines l’arrivée du coronavirus dans le pays. « Il y a trois semaines, dans notre hôpital, un garçon de 6 ans est mort soudain à cause d’insuffisance respiratoire. Nous pensons qu’il s’agissait du coronavirus, mais les responsables de l’hôpital n’ont pas voulu faire d’analyses », a confié au Monde une docteure du nord de l’Iran qui y a vu une volonté politique de ne pas troubler les célébrations de la fête nationale du 11 février et le scrutin de vendredi, symboles de stabilité pour une République islamique cernée par les crises.

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