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Plusieurs tirs de roquettes ont de nouveau visé, samedi 14 mars, la base militaire de Taji, au nord de Bagdad, où deux soldats américains et une militaire britannique avaient été tués mercredi dans une attaque similaire, ont annoncé des sources de sécurité irakiennes et américaines. Selon l’armée irakienne, deux militaires de l’aviation irakienne ont été blessés. Il est très rare que de telles attaques, comme celle de samedi, interviennent en plein jour.
Depuis fin octobre, vingt-trois attaques à la roquette ont visé des intérêts américains en Irak, alors que les factions armées pro-iraniennes appellent régulièrement à bouter les Américains hors du pays. Aucune attaque à la roquette n’a jamais été revendiquée, mais Washington accuse le groupe armé islamiste chiite des Brigades du Hezbollah (Kataeb Hezbollah), l’une des factions pro-Iran les plus radicales du pays, d’être derrière ces tirs.
Les autorités irakiennes, qui s’appuient sur les troupes de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis pour combattre les cellules djihadistes clandestines sur leur sol, assurent, elles, ne pas parvenir à découvrir les auteurs des tirs.
Représailles américaines
Jeudi, pour la première fois, les Brigades du Hezbollah avaient salué – sans les revendiquer – les tirs de dix-huit roquettes ayant tué, la veille, deux soldats américains et une soldate britannique. Elles avaient une nouvelle fois dénoncé « les forces d’occupation américaines ».
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des frappes américaines de représailles ont eu lieu, visant selon Washington des bases des Brigades du Hezbollah. Elles ont tué six Irakiens, dont cinq policiers et soldats et un civil, d’après l’armée irakienne.
Ce cycle de violences fait de nouveau planer le spectre d’une escalade dangereuse en Irak. A la fin de l’année dernière, des tirs de roquettes ayant tué un Américain ont dégénéré et mené à l’assassinat en janvier par Washington du général iranien Ghassem Soleimani et de son lieutenant à Bagdad ainsi qu’à des tirs de missiles iraniens sur une base abritant des Américains en Irak.
Bagdad a vivement dénoncé les frappes américaines, convoqué l’ambassadeur des Etats-Unis et annoncé déposer plainte à l’Organisation des Nations unies (ONU), alors que Washington accuse Téhéran et Bagdad d’échouer à contrôler les attaques de factions armées pourtant désormais intégrées à l’Etat après avoir combattu les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).
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