En Inde, Mamata Banerjee mène la fronde contre la politique nationaliste de Modi

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La ministre en chef de l’État du Bengale-Occidental, Mamata Banerjee, lors d’un rassemblement contre la nouvelle loi indienne sur la citoyenneté, à Calcutta, le 20 décembre.
La ministre en chef de l’État du Bengale-Occidental, Mamata Banerjee, lors d’un rassemblement contre la nouvelle loi indienne sur la citoyenneté, à Calcutta, le 20 décembre. DIBYANGSHU SARKAR / AFP

La confusion est à son comble en Inde, après une nouvelle initiative prise la veille de Noël par le gouvernement Modi concernant l’identification de la population résidant sur le sol indien. Le conseil des ministres a donné le coup d’envoi à l’actualisation du registre national de la population (NPR), alors que des manifestations de fureur se poursuivent sans relâche du nord au sud du sous-continent. Elles ont pour cible à la fois la loi promulguée le 12 décembre pour faciliter l’accès à la nationalité indienne des immigrés non musulmans originaires de l’Afghanistan, du Bangladesh et du Pakistan (Citizenship Amendment Act ou « CAA »), et le registre national de citoyenneté (NRC) mis en œuvre dans l’Etat de l’Assam pour retirer la nationalité indienne à des illégaux présumés venus du Bangladesh.

Le NPR, qui établit depuis 2010 la liste de toutes les personnes résidant en Inde, indiennes et étrangères, doit être mis à jour entre les mois d’avril et de septembre 2020. Une enveloppe de 39,4 milliards de roupies (500 millions d’euros) va y être consacrée, en attendant le recensement décennal qui se tiendra en 2021 et coûtera, lui, 1,1 milliard d’euros. Outre les renseignements habituels sur l’état civil, il sera cette fois demandé à tous ceux qui se trouvent sur le sol indien depuis plus de six mois de fournir, c’est une nouveauté, leur numéro fiscal, ceux de leur carte d’identité et du permis de conduire, et leur numéro de téléphone portable. Et, surtout, la date et le lieu de naissance des parents.

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Les opposants à la politique nationaliste menée dans le pays depuis 2014 voient rouge. La révision du registre national de la population contrevient, selon eux, aux règles de protection des données personnelles. Mais, assurent-ils, elle n’est en réalité que le prélude – non avoué – à la généralisation du registre national de citoyenneté qu’Amit Shah, l’homme de fer nommé voici sept mois à la tête du ministère de l’intérieur, s’est promis d’appliquer prochainement dans tout le pays.

Rétropédalage

« Il est clair que ce n’est qu’une première étape », estime le Parti communiste marxiste de l’Inde (PCIM). « Il n’y a pas de différence entre le NPR et le NRC, le ministre de l’intérieur trompe le pays et tous les partis politiques vont s’y opposer », assure de son côté Asaduddin Owaisi, président du All India Majlis-e-Ittehadul Muslimeen (Aimim), le principal parti musulman de l’Inde.

Lors d’un meeting électoral à Delhi, dimanche 22 décembre, le premier ministre, Narendra Modi, a juré que la généralisation du registre national de citoyenneté n’avait jamais été envisagée, ni par son gouvernement ni par le Parlement. Un message qui a surpris tout le monde et qui semblait destiné à calmer les foules en colère qui défilent dans la rue depuis bientôt deux semaines, le registre national de citoyenneté étant perçu comme un outil de discrimination envers la communauté musulmane (14 % de la population).

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