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Les professionnels de santé européens et américains ont poussé un soupir de soulagement, mardi 7 avril. Un mois après avoir gelé les exportations de 13 médicaments et composés de médicaments fabriqués sur son territoire, l’Inde a finalement décidé de rouvrir ses frontières, sous la pression des pays les plus frappés par la pandémie due au nouveau coronavirus, dont beaucoup craignent une rupture de stock.
Le 3 mars, alors que les contaminations ne se comptaient encore que sur les doigts d’une main dans le sous-continent, le gouvernement Modi avait suspendu, par précaution, les ventes de paracétamol, de vitamines B1, B6 et B12, d’antiviraux (aciclovir) et d’antibiotiques sous forme de principe actif ou de produit fini (tinidazole, metronidazole, ornidazole, chloramphénicol, néomycine, erythromycine et clindamycine).
« A l’époque, les industriels indiens s’inquiétaient des incertitudes qui planaient sur leur approvisionnement en composants d’origine chinoise », explique Sudarshan Jain, secrétaire général de l’Indian Pharmaceutical Alliance (IPA), fédération professionnelle des acteurs indiens du secteur.
L’Inde, souvent surnommée « la pharmacie du monde », est extrêmement dépendante de la Chine : 70 % des principes actifs utilisés par ses usines pharmaceutiques sont fabriqués dans le pays où a démarré l’épidémie au mois de décembre 2019. Et, comble de malchance, pour l’essentiel dans la province du Hubei, épicentre du Covid-19.
Plus gros producteur d’hydroxychloroquine
Pour remédier à cette dépendance, le gouvernement Modi a annoncé dès le 22 mars la mobilisation de 100 milliards de roupies (1,2 milliard d’euros) pour constituer un fonds destiné à encourager, au cours des huit prochaines années, les fabricants indiens à produire eux-mêmes leurs principes actifs.
Le 25 mars, Delhi a allongé la liste des produits interdits d’exportation, mais pour une autre raison : en l’occurrence, les spéculations sur l’hydroxychloroquine et la chloroquine, dont l’efficacité pour soigner le Covid-19 n’a pas encore été démontrée. L’Inde a stoppé la vente à l’étranger de ces molécules, l’une utilisée dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, l’autre dans le traitement du paludisme. Le sous-continent est le plus gros producteur mondial d’hydroxychloroquine (70 % de part de marché).
Cette molécule a fait l’objet d’un sérieux bras de fer entre le premier ministre indien, Narendra Modi, et Donald Trump. Dimanche 5 avril, le président américain a demandé à l’Inde de renoncer à l’embargo sur cette molécule et brandi la menace de représailles. Il a obtenu satisfaction : vendredi, les ventes d’hydroxychloroquine et de paracétamol ont repris à destination de 13 pays, les Etats-Unis pour l’essentiel, mais aussi le Brésil, l’Allemagne, l’Espagne, le Bangladesh, le Népal, le Bhoutan, les Maldives, l’Afghanistan, Bahrein, Maurice, les Seychelles et la République dominicaine.
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