En Inde, le mensuel « The Caravan » est harcelé par la police

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Capture d’écran d’un post Instagram du mensuel « The caravan » qui relaie le blocage de leur compte twitter.

Les foudres du pouvoir s’abattent sur l’un des derniers organes de presse libre de parole en Inde, le mensuel The Caravan. Lundi 1er février, le compte Twitter de ce magazine réputé pour ses enquêtes très fouillées a été bloqué par les autorités, alors que venait de sortir en kiosque le dernier numéro consacré à Akshay Kumar, un acteur de Bollywood connu pour être l’un des laudateurs les plus zélés du premier ministre indien, Narendra Modi. The Caravan y raconte les dessous peu reluisants de ce comédien militant devenu, ces dernières années, la tête d’affiche « people » de l’hindutva, l’idéologie qui inspire les nationalistes hindous au pouvoir.

Le compte Twitter a été rétabli quelques heures plus tard, après une vague de réactions scandalisées sur le réseau social, et The Caravan a pu reprendre la couverture de l’actualité pour ses 300 000 followers, à commencer par les suites de l’arrestation de l’un de ses reporters, Mandeep Punia, samedi 30 janvier. Ce journaliste indépendant est un contributeur régulier à The Caravan. Il était en train d’enquêter sur l’un des sites d’accès à New Delhi, bloqué depuis plus de deux mois par des milliers de paysans opposés à la réforme de la commercialisation des produits agricoles.

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La veille, environ 150 hommes se présentant comme des riverains excédés par le mouvement social avaient réussi à franchir les barrages de police pour venir lancer des pierres sur les manifestants, sous les yeux impassibles des forces de l’ordre. Selon les syndicats paysans, ces fauteurs de troubles étaient en réalité téléguidés par le parti au pouvoir, le BJP, et sa maison mère idéologique, l’association des volontaires nationaux (RSS). Mandeep Punia essayait de démêler le vrai du faux lorsqu’il a été interpellé à la suite d’une altercation avec des policiers. Il a été placé en garde à vue pour une durée de quatorze jours, pour avoir « fait obstacle à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions ».

Enquête pour « sédition »

Tout ceci pourrait relever du hasard si les dirigeants de The Caravan n’avaient pas été eux-mêmes inquiétés, jeudi 28 janvier. Quarante-huit heures après la grande manifestation paysanne qui a dégénéré en plein cœur de la capitale le jour de la fête nationale, le Republic Day, Paresh Nath, directeur de la rédaction du magazine, son fils Anant Nath, rédacteur en chef, et Vinod Jose, directeur de la publication, ont vu leurs noms apparaître dans une enquête préliminaire pour « sédition ».

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