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« Je reviens », clame avec conviction un Mikheïl Saakachvili portant une chemise bleu clair et un pendentif à l’effigie de la Géorgie dans une courte vidéo diffusée fin août sur Facebook. Aujourd’hui âgé de 52 ans, « Micha » – comme le surnomment les Géorgiens – s’était bâti une image de réformateur anticorruption et pro-occidental lors de ses deux mandats, entre 2004 et 2013. Une expérience qu’il a mise à profit pour continuer sa tumultueuse carrière en Ukraine, d’abord comme gouverneur de la province d’Odessa en 2015-2016, puis comme trublion de l’opposition à Petro Porochenko et, à la suite de l’élection de Volodymyr Zelensky, comme responsable d’une instance consultative consacrée au pilotage des réformes.
Le clip montre le leader de la « révolution des roses » de 2003 en train de gravir une colline baignée par la lumière rasante d’un coucher de soleil. C’est ce cadre romantique qu’il a choisi pour évoquer son retour en Géorgie et son mal du pays : « Pendant ces sept années [en exil], il ne s’est pas passé un jour sans que je ne m’intéresse à l’actualité géorgienne. »
« Il a beaucoup promis lorsqu’il était au pouvoir et nombre de ses promesses n’ont pas été tenues. Une bonne partie de la population ne lui fait plus confiance. » Mikheïl Shavtvaladze, politologue
De manière plus surprenante, il exprime aussi regrets et excuses pour ses erreurs, des paroles inhabituelles dans la bouche d’un homme politique souvent critiqué pour son ego surdimensionné. Quelques jours plus tard, le 7 septembre, il est officiellement nommé comme candidat au poste de premier ministre par le Mouvement national uni (centre-droit) en cas de victoire aux élections législatives du 31 octobre. Mikheïl Saakachvili ferait alors son grand retour dans une vie politique géorgienne qu’il n’a jamais réellement quittée puisqu’il continue de peser fortement sur les orientations du mouvement qu’il a fondé en 2001.
Une personnalité clivante
Après cette nomination, l’ex-président joue de nouveau la carte de la retenue, affirmant ne pas être attiré par l’exercice du pouvoir mais vouloir seulement « sortir le pays de l’ornière » et démissionner au bout de deux ans. « Comment croire ses paroles ?, se demande le politologue Mikheïl Shavtvaladze. Il a beaucoup promis lorsqu’il était au pouvoir et nombre de ses promesses n’ont pas été tenues. Une bonne partie de la population ne lui fait plus confiance. »
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