En Europe, un financement de l’économie fragmenté et difficile

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Devant le siège de la BCE, à Francfort (Allemagne), le 21 octobre 2020.

Le postulat de départ est simple : il y a un excès d’épargne en Europe et pourtant les entreprises, particulièrement les PME, ont souvent du mal à se financer. En comparaison, les Etats-Unis disposent d’un écosystème qui facilite l’accès aux capitaux. La Silicon Valley en est l’exemple le plus évident, avec la présence de très nombreux fonds de capital-risque. D’où la question : comment mieux financer l’économie européenne ?

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Aux Etats-Unis, un tiers du financement des entreprises vient des banques et les deux tiers restants proviennent des marchés des capitaux. Dans l’Union européenne, le ratio est à peu près l’inverse, malgré quelques pays où les marchés sont un peu plus développés (France et Allemagne en tête). Quand elles veulent emprunter, les entreprises se tournent principalement vers leur banquier local.

Faiblesse de la demande

Or, le paysage bancaire européen est fragile et morcelé. Beaucoup d’établissements sont fragilisés depuis la crise financière de 2008 et celle de la zone euro. Les taux d’intérêt négatifs de la Banque centrale européenne réduisent leurs marges bénéficiaires, ce qui diminue leur capacité de prêts.

Les leaders européens en ont tiré une conclusion : il faut développer une union des marchés des capitaux au sein des Vingt-Sept. Une première directive a été publiée en ce sens en 2014, mais les progrès demeurent pour l’instant embryonnaires. « Il y a un accord général, mais, politiquement, ce n’est, hélas, pas assez une priorité », regrette François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. Selon lui, le Brexit, avec la sortie de la City de l’Union européenne, est une raison de plus pour accélérer la tendance.

Ce constat ne fait pourtant pas l’unanimité. Avec l’action de la BCE ces dernières années, le problème de l’économie européenne n’est plus vraiment l’accès aux capitaux, mais la faiblesse de la demande. De plus, particulièrement auprès des PME, la connaissance locale des agences bancaires reste précieuse.

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