En Espagne, un nouveau parti vient bousculer les socialistes et Podemos à gauche

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Iñigo Errejon, l’ex-numéro deux de la formation radicale Podemos, présente des candidats pour les législatives du 10 novembre.

Par Publié aujourd’hui à 11h19

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Iñigo Errejon, l’ex-numéro deux de Podemos, le 25 septembre à Madrid.
Iñigo Errejon, l’ex-numéro deux de Podemos, le 25 septembre à Madrid. JAVIER SORIANO / AFP

La recomposition de l’espace politique n’en finit pas en Espagne. Alors qu’auront lieu le 10 novembre les quatrièmes élections législatives en quatre ans, un nouveau parti promet de faire une entrée remarquée sur la scène politique nationale. Mas Pais (Plus de pays) est le nom de la plate-forme menée par l’ancien numéro deux et cofondateur du parti de la gauche radicale Podemos, Iñigo Errejon, dans le but affiché de « mobiliser les abstentionnistes progressistes ». De quoi fracturer un peu plus la gauche, alors même que l’incapacité des partis politiques espagnols à gérer la fragmentation du Parlement depuis l’irruption de Podemos et du parti libéral Ciudadanos en 2014, puis de la formation d’extrême droite Vox en 2018, a empêché la formation d’un gouvernement à l’issue des élections du 28 avril.

Lundi 30 septembre, M. Errejon a enregistré les coalitions avec lesquelles il entend se présenter au scrutin de novembre. Dans la région de Valence, il s’alliera avec la formation de la gauche alternative Compromis, qui s’était associée avec Podemos en 2016. En Aragon, il se présentera avec le parti régionaliste de la Chunta Aragonesista. Et, dans le reste de l’Espagne, il pourra concourir avec le parti écologiste Equo, qui faisait jusque-là partie de la coalition Unidas Podemos, formée par Podemos et les néocommunistes de la Gauche unie.

Crise politique en Espagne : comment en est-on arrivé là ?

Conformément à ce que le roi Felipe VI a annoncé mardi 17 septembre, faute de majorité pour former un gouvernement, le Parlement espagnol doit être dissous ce lundi et des élections législatives organisées le 10 novembre. En quatre ans, c’est donc la quatrième fois que les citoyens espagnols sont appelés aux urnes. Comment expliquer une telle situation ? Retour sur les dates-clés d’une crise permanente.

Trahison

Cependant, Mas Pais doit encore dévoiler les circonscriptions dans lesquelles il se présentera. « Nous ne nous présenterons que là où nous ajoutons des voix au bloc progressiste, a déclaré M. Errejon. Nous connaissons bien le système, nous n’allons pas jouer avec les sièges. » Afin d’éviter que le bloc de gauche soit affaibli par son irruption – du fait du système électoral proportionnel suivant la méthode d’Hondt qui prime les grands partis dans les petites circonscriptions –, il ne se présentera que dans les plus grandes provinces, celles par exemple dans lesquelles sept sièges ou plus sont en jeu au Parlement.

Son irruption n’en devrait pas moins coûter des voix à Podemos, mais aussi au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui s’accusent mutuellement d’être responsables de l’échec des négociations pour former un gouvernement, dans un contexte de désenchantement de la gauche. « Tant que nous ne savons pas où Mas Pais va se présenter, il est prématuré de faire des pronostics. Mais Errejon a l’opportunité de faire un bon résultat du fait du niveau élevé de mécontentement des électeurs de gauche après le blocage politique auquel ils ont assisté, souligne Pablo Simon, professeur de sciences politiques à l’université Carlos-III de Madrid. Il est probable qu’il puisse récupérer facilement une partie des électeurs qui avaient choisi Podemos en 2016 et ont ensuite opté pour Pedro Sanchez, soit 20 % de l’électorat socialiste. Et qu’il provoque une saignée chez Podemos, comme il l’a fait dans la région de Madrid. »

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