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Santiago Cantero, le prieur de la communauté bénédictine de l’abbaye du Valle de los Caidos, où repose la dépouille de l’ex-dictateur, estime que cette décision « porte atteinte à la liberté religieuse ».
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C’est un nouvel épisode du feuilleton autour de l’exhumation de Franco. Après avoir été approuvée par le gouvernement socialiste espagnol, votée par le parlement et validée par la Cour suprême, qui a rejeté les recours déposés par les petits-enfants du dictateur, la sortie de terre du dictateur espagnol pourrait à présent être entravée par le prêtre du Valle de los Caidos, Santiago Cantero.
Décidé à s’opposer jusqu’au bout à ce que la dépouille momifiée du Caudillo quitte le gigantesque mausolée-basilique dans lequel il est enterré, à San Lorenzo d’El Escorial, à cinquante kilomètres de Madrid, le religieux de 47 ans a adressé, mercredi 9 octobre, un courrier à la vice-présidente du gouvernement, Carmen Calvo. Il y proclame que l’abbaye « n’autorise pas l’accès à la basilique [lieu saint], dans le but d’accéder à une res sacra [sépulture] ».
« Eviter d’en faire un spectacle »
Selon lui, l’exhumation « porte atteinte à la liberté religieuse » de la communauté bénédictine qui veille sur la basilique et constitue une « violation des droits fondamentaux ». « Les raisons pour lesquelles nous nous opposons demeurent, ajoute M. Cantero, qui fut candidat du parti d’extrême droite de la Phalange aux élections législatives de 1993 et aux Européennes de 1994, avant de rentrer en 2002 dans la congrégation religieuse. Il n’existe pas de consentement de la part de la famille et les principes religieux et moraux qui justifient notre refus subsistent ». Le prêtre, proche de la famille Franco, estime que l’exhumation doit encore être validée par la Cour Constitutionnelle, voire la Cour européenne des droits de l’homme.
Pour le gouvernement, qui n’a pas répondu publiquement à ce courrier, l’opposition du prêtre n’empêchera pas l’exhumation, jugée imminente. Non seulement parce que la Cour suprême a précisé dans son verdict que l’exécutif n’a pas besoin de l’autorisation de l’église pour entrer dans la basilique – cette dernière fait partie d’un ensemble public dépendant du Patrimoine national –, même si la communauté bénédictine a en charge sa gestion. Mais aussi parce que le Vatican a assuré qu’il ne s’opposera pas à l’exhumation de Franco « si l’autorité compétente en a ainsi décidé », comme l’a rappelé le porte-parole du Saint-Siège, Matteo Bruni.
La position du prêtre complique toutefois la tâche de l’exécutif, qui souhaite mener à bien l’exhumation « en évitant d’en faire un spectacle », comme l’assure au Monde un membre du gouvernement. Les religieux sont-ils prêts à faire face à la police ? Interrogé par la radio Cadena Ser, un des moines de l’abbaye du Valle de los Caidos, Joaquin Montull, a assuré que « la résistance physique n’est pas nécessaire quand il existe des forces supérieures, comme la providence divine ».
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