en démissionnant du M5S, Luigi Di Maio fait un pari risqué

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Luigi Di Maio, après l’annonce de sa démission, à Rome, le 22 janvier.
Luigi Di Maio, après l’annonce de sa démission, à Rome, le 22 janvier. ROBERTO MONALDO / AP

La défaite s’annonce si écrasante que les têtes commencent à sauter avant même le jour du vote. Mercredi 22 janvier, à quatre jours d’élections régionales en Emilie-Romagne et en Calabre risquant d’être désastreuses pour le Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio a annoncé qu’il se retirait de la direction de la formation antisystème, qu’il occupait depuis septembre 2017.

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La rumeur n’avait cessé de croître ces derniers mois, et elle a soudainement pris plus de consistance en début de semaine : le ministre italien des affaires étrangères allait sous peu passer la main, victime du discrédit de sa formation, qui n’en finit plus de baisser dans les sondages, et d’une fronde interne chaque jour plus bruyante, provoquant le départ de nombreux élus. Mercredi en fin de matinée, à Rome, les membres de la délégation M5S au gouvernement ont été informés. Puis l’annonce officielle a suivi, en fin d’après-midi, dans le centre de congrès du Temple d’Hadrien où devait se tenir la présentation des « facilitateurs régionaux », censés représenter l’avenir du mouvement.

Devant cette assistance acquise à sa cause, et en présence de nombreux dignitaires du M5S – qui n’étaient pas pour rien dans sa chute –, l’occasion était parfaite pour régler quelques comptes, sans risquer d’être bousculé, et en s’assurant même une standing ovation finale.

« J’ai commencé à travailler sur ce discours il y a un mois, assure-t-il, ma tâche est terminée. » Souriant mais crispé, Luigi Di Maio explique comment sa décision s’inscrit dans la « nouvelle phase » que le mouvement doit ouvrir, et dont les Etats généraux, qui doivent se tenir en avril, seront un des points d’orgue. Le chef politique démissionnaire du M5S se veut rassurant envers ses partisans : il n’est pas question qu’il abandonne le devant de la scène, et veut continuer à travailler pour le « projet visionnaire » du mouvement, « sans équivalent dans le monde ».

Rancœur

Pour autant, il ne cherche pas à dissimuler sa rancœur contre ceux, dans son camp, « qui ne se sont exposés que pour frapper dans le dos ». Plus explicite encore, il ajoute : « Nos pires ennemis sont parmi nous. » Avant de conclure, d’un geste théâtral, dénouant lentement son inamovible cravate, pour « rendre hommage au sérieux des institutions ». On en oublierait presque qu’au-delà de ses fonctions au sein du M5S, qu’il quitte aujourd’hui, Luigi Di Maio reste le chef de la diplomatie italienne, et qu’à ce titre, cet accessoire risque de lui être encore nécessaire un certain temps.

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