En Colombie, la mobilisation continue à Bogota, Medellin et Cali

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Manifestation à Bogota, le 1er décembre 2019.
Manifestation à Bogota, le 1er décembre 2019. CARLOS JASSO / REUTERS

Au terme de douze jours d’une mobilisation inédite, le président colombien, Ivan Duque, a cédé. Lundi 2 décembre, il a fait savoir qu’il acceptait de rencontrer les organisateurs officiels du mouvement, tout en leur demandant de renoncer à la troisième journée nationale de grève et de manifestations prévue pour ce mercredi. Sans succès. « Ce n’est pas le moment de lâcher, explique Victoria Lucena, de l’Association des représentants étudiants. Il faut rester mobilisés ce mercredi, avant que les fêtes de Noël et les grandes vacances qui arrivent ne contraignent le mouvement au repli. »

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Dans ce pays qui a vécu un long conflit armé, la mobilisation jeune et joyeuse a surpris par son ampleur. Les manifestants sont descendus dans la rue par centaines de milliers, le 21 novembre, pour protester tout à la fois contre la politique sociale, économique, environnementale et sécuritaire du gouvernement en place depuis dix-huit mois. Ils étaient beaucoup moins nombreux le 27. Mais, à Bogota, Medellin et Cali, des dizaines d’initiatives citoyennes ont pris le relais. Concerts de casseroles, récitals et assemblées de quartiers se multiplient, sans que personne ne sache qui est à l’origine des messages et des appels qui circulent sur les réseaux sociaux.

Le sondage du Centre national de conseil a-t-il pesé dans la décision du chef de l’Etat ? Il révèle que 55 % des Colombiens ont une image positive de la mobilisation. La proportion atteint 70 % parmi les jeunes de 18 à 25 ans.

Arrivée des Indiens

« Nous sommes prêts à dialoguer sans ultimatum ni pression, pour le bien de la Colombie », a déclaré lundi Diego Molano, coordinateur de la grande conversation nationale lancée quelques jours plus tôt par le président pour venir à bout du mouvement. Ce dialogue, aux accents macroniens, n’a pas convaincu. Le président Duque a certes reçu les maires et gouverneurs récemment élus, ainsi que plusieurs personnalités du monde de l’éducation, de l’écologie et de la lutte contre la corruption. Mais le Comité organisateur de la mobilisation, qui réunit les syndicats, les principales organisations étudiantes et le mouvement Defendamos la Paz, a refusé d’y participer, considérant que le président cherchait à diviser plus qu’à résoudre les problèmes posés.

En exigeant un dialogue « direct, démocratique et efficace », le Comité avait fait parvenir, la semaine passée, une liste de 13 revendications. Lundi soir, Diogenes Orjuela, président du principal syndicat (Central unitaria de los trabajadores, CUT), a demandé, sur Twitter, « une méthodologie claire des garanties » pour accepter la main tendue par le gouvernement.

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