« En Chine, la dette des entreprises d’Etat n’est plus un placement sûr »

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Parking de l’usine Brilliance à Shenyang, dans la province du Liaoning, au nord-est de la Chine, le 17 juillet 2017.

Pertes & profits. Mardi 10 novembre, Yongcheng Coal & Electricity, un important groupe minier du centre de la Chine, s’est déclaré dans l’incapacité de pouvoir rembourser sa dette de 1 milliard de yuans (128 millions d’euros). A priori, pas de quoi alerter la presse mondiale, ni même la planète financière. Des défauts et des faillites de ce type, il s’en produit régulièrement dans le pays, et le fait qu’un producteur de charbon soit en difficulté après une année de pandémie n’est pas une grande surprise. Mais deux éléments ont alerté les marchés, qui ont lourdement sanctionné les obligations d’entreprise.

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Le premier est que Yongcheng Coal est une société d’Etat. Elle appartient aux autorités locales de la province très peuplée du Henan (95 millions d’habitants). Or cette fois, les banques, toutes étatiques elles aussi, ne semblent pas avoir levé le petit doigt pour renflouer l’entreprise. Ce qui signifie que la dette de ces sociétés publiques, généralement très bien notées par les agences, n’est plus un actif aussi sûr.

Le deuxième signal d’alerte est que ce genre de situation tend à se multiplier. Le 28 octobre dernier, l’agence Bloomberg faisait état de difficultés similaires de la part d’une entreprise beaucoup plus connue, le constructeur automobile Brilliance Auto group. Industriel historique, il appartient au gouvernement du Liaoning, dans le nord-est du pays. C’est lui qui fabrique les BMW en Chine et produit également des utilitaires pour Renault. Il a annoncé ne pas pouvoir payer sa dette. Les rumeurs de faillite enflent depuis.

Poigne de fer

L’inquiétude des détenteurs d’obligations de ces entreprises est d’autant plus grande que dans les deux cas, selon l’agence Bloomberg, les sociétés ont il y a peu de temps sorti de leurs périmètres des activités plus rémunératrices, limitant la possibilité pour les créanciers de pouvoir se rembourser sur des actifs sains. Tout cela dans un contexte tendu sur le marché des obligations d’entreprise, notamment à la suite des difficultés sur sa dette de l’un des plus grands promoteurs immobiliers de Chine, Evergrande Group.

Voilà un contexte qui ne va pas rendre simple la lecture du paysage financier chinois. D’autant que la mainmise de Pékin sur le secteur privé s’amplifie. Après avoir mis au pas, et souvent en prison, les audacieux entrepreneurs qui s’achetaient des palaces à New York ou Paris, puis décidé d’implanter des cellules du parti dans toutes les grandes entreprises privées pour surveiller les dirigeants, le gouvernement de Xi Jinping a mis au pas le dernier espace qui échappait à sa poigne de fer, le numérique.

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