En Bulgarie, les manifestations contre « la dictature de la mafia » ne s’arrêtent pas

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Un homme tient à la main le drapeau bulgare, lors d’une manifestation contre le gouvernement, à Sofia, le 30 septembre.

Des jeunes étudiants brandissant des drapeaux européens, des avocats mobilisés contre la corruption, des mères demandant plus d’aides sociales pour leurs enfants handicapés, un prêtre orthodoxe en rupture de ban avec son Eglise, parfois des militants socialistes ou d’extrême droite…

Tous les soirs depuis près de trois mois, c’est un scénario similaire mais jamais totalement identique qui se reproduit sur le « triangle du pouvoir », le carrefour ainsi nommé parce qu’il concentre, en plein cœur de Sofia, le siège du gouvernement, la présidence et le Parlement bulgares. Plusieurs centaines de personnes − voire plusieurs milliers comme attendu vendredi 16 octobre où sera organisé le centième jour de mobilisation de ce « grand soulèvement national » − viennent hurler « Démission, démission » au pied de ces bâtiments, en s’adressant au premier ministre, Boïko Borissov, et au tout-puissant procureur général Ivan Geshev.

« Dérive mafieuse »

« En ce moment, on vit sous la dictature de la mafia », assure Arman Babykian, un des trois membres du « Trio toxique », le surnom du comité d’organisateurs des protestations, qui regroupe, en plus de ce communicant, un avocat en vue et un sculpteur renommé. Tous sont unis dans leur rejet viscéral de M. Borissov, un ancien pompier et garde du corps de 61 ans qui gouverne la Bulgarie à droite de façon quasi continue depuis 2009. « Quelques personnes se sont accaparé le pouvoir et volent les fonds européens pour les distribuer à leurs amis en utilisant le procureur général », dénonce ce militant de 53 ans en redescendant de la scène montée tous les soirs à la va-vite. « Nous montrons aux gens qu’il ne faut pas avoir peur », renchérit, à ses côtés, l’avocat Nikolaï Hadjiguenov.

Les manifestations ont été déclenchées cet été après deux épisodes qui ont jeté une lumière crue sur l’ampleur du problème dans ce pays de 7 millions d’habitants à la fois le plus pauvre et le plus corrompu de l’Union européenne, selon l’ONG Transparency International.

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Le 7 juillet, le président du parti anticorruption Bulgarie démocratique, Hristo Ivanov, se rend sur une plage de la mer Noire accaparée illégalement par un oligarque. Il est brutalement évacué par des policiers d’élite mis au service de cet oligarque dans l’opacité la plus totale. Deux jours plus tard, les bureaux du président, Roumen Radev, sont perquisitionnés par le parquet général qui accuse deux de ses conseillers de trafic d’influence, une première dans l’histoire de la Bulgarie.

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