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Le chef de l’Etat bulgare, Roumen Radev, a appelé samedi 11 juillet à la démission du gouvernement, dont il a dénoncé « le caractère mafieux », après des perquisitions au siège de sa présidence. Selon le président Radev, celles-ci, sans précédent, ont été ordonnées par le premier ministre, via le parquet. Il demande également la démission du procureur général.
Ces perquisitions, qui ont eu lieu jeudi, ont fait descendre le lendemain dans les rues de la capitale Sofia des milliers de manifestants, qui reprochent à la justice d’attaquer l’entourage du chef de l’Etat au lieu de l’oligarchie. Samedi, des barrages routiers étaient toujours formés, bloquant la circulation sur des axes majeurs de Sofia.
« Le caractère mafieux du gouvernement [conservateur de Boïko Borissov] a poussé des Bulgares de tous âges et de diverses tendances politiques à réclamer un respect de la loi », a déclaré le président Radev, proche des socialistes, dans un appel à la nation diffusé à la télévision samedi après-midi.
« La seule solution est une démission du gouvernement et du procureur général » qui exercent « du racket » et « bafouent la présomption d’innocence », a ajouté le chef de l’Etat, très critique envers le premier ministre, trop proche de certains oligarques selon lui.
Des interpellations lors de manifestations vendredi soir
« Un consensus national antimafia s’est formé. L’Europe n’a pas le droit de détourner son regard de la Bulgarie. L’Union européenne a besoin d’une Bulgarie démocratique », a également déclaré le président Radev. Deux de ses conseillers ont été arrêtés jeudi à leur domicile et leurs bureaux à la présidence ont été perquisitionnés. L’un est inculpé de « trafic d’influence » pour avoir servi d’intermédiaire entre un homme d’affaires sulfureux et le président, l’autre pour s’être approprié des documents des services de renseignement.
Ces perquisitions sont interprétées par l’opposition comme une déclaration de guerre à l’encontre du président. Des manifestations spontanées contre le premier ministre de centre droit Boïko Borissov ont eu lieu vendredi soir à Sofia, conduisant à dix-huit interpellations, quatre blessés parmi les forces de l’ordre et deux dans les rangs des contestataires, selon le gouvernement et des médias.
Samedi, au bord de la mer Noire, des centaines de personnes ont envahi une plage interdite au public et réservée à un responsable politique qui soutient Boïko Borissov, pour dénoncer la corruption présumée et la bétonisation du littoral.
Entrée dans l’UE en 2007, la Bulgarie est régulièrement rappelée à l’ordre pour son inefficacité dans la lutte contre la corruption, qui place ce pays de 7,1 millions d’habitants au dernier rang des Vingt-Sept dans la perception de la corruption ambiante, selon l’ONG Transparency International.
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