En Bolivie, l’ultrareligieux Camacho entre officiellement dans la course à la présidence

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Il avait juré se tenir en dehors de l’arène politique, ses adversaires le craignaient en embuscade ; il a confirmé leurs doutes. A peine trois semaines après la démission d’Evo Morales en Bolivie, le 10 novembre, celui qui a joué un rôle-clé dans les mobilisations ayant conduit au départ de l’ex-président a officialisé sa candidature vendredi soir, dans un communiqué lancé depuis son fief de Santa Cruz dans l’est du pays, bastion historique de l’opposition à Morales. Pour cela, Fernando Camacho a dû d’abord renoncer à la présidence du puissant comité civique de Santa Cruz, une sorte de cercle de notables et de citoyens.

« Présider cette institution [le Comité civique de Santa Cruz] est le rêve de toute ma vie, ceux qui me connaissent depuis l’enfance, savent que j’ai travaillé pour cela et que j’aspirais à cela, mais je dois l’abandonner pour un autre rêve, une autre aspiration encore plus forte : être président de la République de Bolivie et pouvoir, à partir de là, servir avec tous ma force pour voir ma patrie prospère, unie et libre », écrit Fernando Camacho dans une lettre diffusée sur les réseaux sociaux.

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Proche de la droite conservatrice

Cet avocat ultrareligieux de 40 ans, issu de l’oligarchie cruzénienne blanche et représentant des élites entrepreneuriales était encore inconnu de la majorité des Boliviens il y a quelques semaines et n’aspirait à aucun rôle politique, jurait-il.

Pourtant, il est l’homme qui appelle à la « grève civique » illimitée, le soir du 22 octobre, deux jours après un scrutin présidentiel qu’il dénonce comme frauduleux. Propulsé sur le devant de la scène médiatique, il suscite autant le rejet que l’admiration dans son pays.

Sous la statue du Christ rédempteur, une des places fortes de Santa Cruz, il galvanise les foules avec un discours imprégné de religion. Figure charismatique, ce néopentecôtiste, rassemble des centaines de milliers personnes.

Proche de la droite radicale, réactionnaire et conservatrice, il avance sans étiquette partisane, ni aucun mandat électif. Il se présente comme simple citoyen défendant « la démocratie et la liberté » et devient le visage le plus visible de la contestation.

« Ses valeurs sont Dieu, la religion, la famille », explique au Monde Romulo Calvo, proche de M. Camacho et jusqu’alors vice-président du Comité civique, dont il a pris la tête vendredi soir. « C’est une personne qui a des principes éthiques et moraux, il donne de l’assurance car il sait ce qu’il veut, il a eu cette force de convaincre la population de tenir vingt et un jours de grève, il a un grand pouvoir de leadership et de conviction », ajoute ce médecin de profession qui porte tatoué sur l’avant-bras droit un Christ en blouse de docteur.



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