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Certains jurent que ce n’est qu’une « pause ». Mais un calme précaire était bien revenu ce mardi 26 novembre à El Alto, à côté de La Paz, après les intenses mobilisations contre l’autoproclamation du gouvernement intérimaire, deux semaines plus tôt. Avec l’horizon des nouvelles élections annoncées dimanche, les barricades étaient levées. Mais certains, ici, attendent toujours le retour de l’ex-président Evo Morales. « C’est notre président. Il doit revenir, seul lui peut nous représenter, alors que ce gouvernement a envoyé l’armée pour nous tuer », juge Elena, une habitante d’El Alto.
Ce qui était présenté comme la solution à la sortie de la crise, dans laquelle se trouve la Bolivie depuis plus d’un mois, a fini par aboutir : des élections présidentielle et législatives auront lieu, mais sans le président démissionnaire. L’accord présenté par l’exécutif a été approuvé par les assemblées samedi avant d’être promulgué le lendemain par la présidente transitoire, Jeanine Añez (droite).
« Nous avons reçu un mandat pour organiser des élections propres, justes et transparentes. Nous vous garantissons que nous allons y arriver », a déclaré Mme Añez, qui a également appelé dans son discours à l’unification du pays. Cela était loin d’être gagné d’avance, tant le projet de loi a suscité d’intenses débats parmi les parlementaires, où les élus du Mouvement pour le socialisme (MAS) d’Evo Morales sont toujours majoritaires. Le principal point d’achoppement résidait dans la participation ou non de l’ex-président au prochain scrutin. Finalement, les prochaines élections se tiendront sans lui – une première depuis dix-huit ans.
« Pacifier le pays »
Evo Morales, exilé au Mexique depuis le 12 novembre, n’est d’ailleurs plus le bienvenu dans son pays, le gouvernement provisoire ayant déposé plainte contre lui pour « sédition » et « terrorisme », l’accusant d’attiser le conflit depuis l’extérieur. Evo Morales dénonce un « montage ».
Autre accord important conclu dimanche, celui passé pour « pacifier le pays » entre le gouvernement et les organisations sociales. Ces dernières se sont engagées à démobiliser leurs bases et cesser les blocages de routes, en échange de certaines garanties. L’accord prévoit le retrait de l’armée des zones des manifestations et la suspension du décret controversé exonérant de responsabilités les militaires dans l’exercice de leurs fonctions. Un décret qui avait provoqué les plus vives inquiétudes chez les manifestants et les organisations de défense des droits de l’homme, qui avaient dénoncé un « permis de tuer ».
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