En Biélorussie, une manifestation dispersée près d’un lieu symbolique pour l’opposition

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Depuis la fin des années 1980, la zone boisée de Kourapaty est devenue le principal lieu de commémoration des crimes de l’URSS en Biélorussie.

La police biélorusse a dispersé, dimanche 1er novembre, des manifestants et procédé à des arrestations près d’un site emblématique des répressions staliniennes et hautement symbolique pour l’opposition au président Alexandre Loukachenko, en bordure de Minsk.

Selon une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) sur place, des interpellations ont eu lieu dans un champ à proximité du site de Kourapaty, au nord-est de la capitale, où des dizaines de milliers de personnes ont été exécutées lors de la terreur stalinienne dans les années 1930 et 1940. Des fourgons pénitentiaires ont été déployés et des explosions de grenades assourdissantes ont été entendues. Plus tôt dans la journée, la police avait procédé à des tirs de sommation pour disperser la foule. Selon l’ONG spécialisée Viasna, au moins 120 personnes ont été arrêtées, principalement à Minsk.

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Depuis la fin des années 1980, la zone boisée de Kourapaty est devenue le principal lieu de commémoration des crimes de l’URSS en Biélorussie. C’est également un endroit symbolique de l’opposition à M. Loukachenko, régulièrement accusé de valoriser la période soviétique.

Dimanche, selon des journalistes de l’AFP, entre 20 000 et 30 000 personnes ont défilé à Minsk pour appeler au départ du président Loukachenko. Une partie des manifestants n’a pu atteindre la zone de Kourapaty, face à l’important dispositif policier déployé. « Dégage, toi et tes flics anti-émeutes ! », scandaient des protestataires, s’adressant à M. Loukachenko.

Depuis sa réélection contestée, le 9 août, le chef de l’Etat, 66 ans dont 26 au pouvoir, fait face à un mouvement de protestation historique qui réunit chaque semaine des dizaines de milliers de manifestants, malgré les violences policières et des milliers d’arrestations. Après quasiment trois mois de contestation, la situation semble être dans une impasse face au refus du président Loukachenko de quitter le pouvoir.

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« Abandonné par l’Ouest et Tsikhanovskaïa »

La principale opposante en exil, Svetlana Tsikhanovskaïa, avait appelé cette semaine à une grève nationale pour faire plier le pouvoir. Mais le mouvement, face aux pressions, n’a pas débouché sur une paralysie de l’économie, en grande partie contrôlée par l’Etat. Il a été suivi en revanche de multiples actions de protestations d’étudiants.

« Nous sommes très fatigués. Quand on manifeste, on nous tabasse. Quand on fait la grève, on nous licencie. On expulse aussi nos enfants des universités », soupire Iakov, un manifestant de 51 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. Cet ingénieur dit se sentir « abandonné par l’Ouest et Tsikhanovskaïa », affirmant attendre de cette dernière des « actions plus décisives », notamment des sanctions économiques renforcées contre Minsk.

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Jusqu’à présent, l’Union européenne a sanctionné 40 responsables biélorusses pour leur rôle dans les fraudes électorales d’août et la répression des manifestations. Les dirigeants européens se sont également entendus pour punir directement Alexandre Loukachenko.

Cette semaine, le président Loukachenko a effectué plusieurs changements au sein de son appareil sécuritaire, nommant deux nouveaux fonctionnaires à la tête du ministère de l’intérieur et de la police de Minsk. Il a également ordonné aux forces de l’ordre de sévir contre ses critiques et appelé à « ne pas faire de prisonniers ». Les autorités avaient prévenu auparavant qu’elles pourraient recourir à des « balles réelles » contre les manifestants.

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Le Monde avec AFP

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