En Biélorussie, l’usure du régime autoritaire

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Les partisans de Svetlana Tsikhanovskaïa assistent à un concert organisé par les autorités dans le centre ville de Minsk, le 6 août, en brandissant le drapeau blanc et rouge interdit par le régime du président Loukachenko.

A Minsk, ce jeudi 6 août, sur la place de L’Amitié entre les peuples, les Biélorusses voulaient de l’espoir, sentir le souffle de la démocratie et applaudir, pour son dernier meeting de campagne, celle qui est devenue la figure de proue de la lutte pour un Etat de droit, la candidate à l’élection présidentielle du 9 août, Svetlana Tsikhanovskaïa.

A défaut de rêve, le chef d’Etat leur a proposé des démonstrations de maîtres-chiens, une exposition de matériel ferroviaire et, pour se sustenter, du porridge comme celui donné aux soldats. Soucieux de mettre un terme au vent de liberté à même d’embraser les foules, le président Alexandre Loukachenko, à la tête du pays depuis plus de vingt-cinq ans, avait organisé des festivités pour célébrer les « troupes ferroviaires » à la même date et à la même heure que la manifestation de Svetlana Tsikhanovskaïa, annulée plus tôt dans la journée.

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« La décision des autorités est absolument illégale (…) mais nous n’allons pas mettre les gens en danger », a expliqué l’équipe de campagne de Mme Tsikhanovskaïa, renonçant à son meeting. Prenant le chef d’Etat à son propre piège, la candidate a néanmoins appelé ses soutiens à se joindre au concert organisé par les autorités, réunissant plusieurs milliers de personnes, tandis que deux DJ ont brièvement passé la chanson « Changes » de sa campagne, avant d’être interpellés. Tout au long de cette journée, des membres de l’équipe de la candidate et des militants ont été arrêtés à Minsk et en province. « Ces détentions arbitraires et préventives visent à empêcher les manifestations du 9 août lors de l’annonce des résultats », pense Valentin Stefanovic, vice-président de l’ONG de défense des droits de l’homme Viasna.

Un sixième triomphe ?

Après avoir vu sa rivale galvaniser des dizaines de milliers de personnes dans les villes comme dans les campagnes, l’autocrate remet les choses au clair. Lors de son discours comminatoire du mardi 4 août, dans lequel il expliquait qu’il ne laisserait jamais le pays lui échapper, Alexandre Loukachenko a fait clairement entendre qu’il remporterait cette élection, comme toutes les autres depuis 1994.

Seul un doute réside : s’octroiera-t-il, comme de coutume, 80 % des suffrages ou sera-t-il, cette fois-ci, plus modeste ? A qui oserait remettre en cause son sixième triomphe, et imaginerait un « grand soir » biélorusse, l’autocrate a déjà fait sentir l’odeur de la poudre : « Vous avez oublié comment Karimov [ex-président ouzbek] a mis fin au putsch d’Andijan en tuant des centaines de personnes ? [la répression, le 13 mai 2005, avait fait des centaines de morts] (…) Nous vous le rappellerons », avait-il lancé début juin.

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