En Biélorussie, l’opposant Viktar Babaryka dénonce la « campagne d’intimidation » de Loukachensko

0
116

[ad_1]

Interpellation d’un manifestant, le 19 juin à Minsk.

Quelques heures à peine après avoir prétendu mater une « révolution », fomentée par d’obscures forces venues « de l’Est et de l’Ouest », Alexandre Loukachenko était à nouveau défié par sa population. En cette fin juin, à quelques semaines d’un scrutin censé lui octroyer un sixième mandat, le président biélorusse, qui règne depuis plus de vingt-cinq ans sur le petit pays de l’ex-Union soviétique, semble dépassé par la colère de son peuple.

Dans la journée de samedi 20 juin, malgré les répressions policières de la veille, les Biélorusses étaient à nouveau venus manifester à Minsk contre le chef d’Etat et ses dérives autocrates. « Peut-on dire qu’il y a un changement au sein de la population ? Que la peur a disparu ? C’est difficile à dire. Mais, pour l’heure, les intimidations et les menaces de Loukachenko n’ont pas fonctionné », observe Artyom Shraibman, analyste politique.

Vendredi, jeunes, vieux, politisés ou non, étaient déjà descendus dans les rues de la capitale pour crier « liberté ». L’après-midi, une chaîne humaine de plusieurs milliers de personnes s’était formée pour réclamer la libération de Viktar Babaryka. L’homme d’affaires, qui fut pendant vingt ans à la tête de la banque russe Belgazprombank, s’est porté candidat à l’élection présidentielle du 9 août. Après avoir recueilli quelque 400 000 signatures quand il n’en faut que 100 000, l’homme a semble-t-il représenté une menace suffisamment précise pour qu’Alexandre Loukachenko prenne les devants.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Biélorussie, l’émergence d’une nouvelle figure d’opposition embarrasse le régime

Le 18 juin, le Comité pour le contrôle de l’Etat, sorte de parquet financier biélorusse, a annoncé l’arrestation de l’ex-banquier, l’accusant de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Une vingtaine d’employés de l’établissement ont également été arrêtés, tandis que l’Etat prenait le contrôle de la banque, propriété du groupe gazier russe Gazprom. M. Babaryka, qui avait démissionné de Belgazprombank peu avant de se porter candidat, a dénoncé une « campagne d’intimidation » à des fins « politiques ».

« Pas de Maïdan dans notre pays »

L’opposant n’est pas le seul à avoir été écarté manu militari de la course à la présidence. Le 29 mai, c’est le blogueur Sergueï Tikhanovski qui fut placé en détention, pour trouble à l’ordre public. Le quadragénaire avait récolté et filmé dans les villes et les campagnes du pays les griefs de la population, avant de les diffuser sur sa chaîne YouTube. Son arrestation avait déclenché une mobilisation inhabituelle dans plusieurs villes du pays. Quelques jours plus tard, Mikalay Statkevich, opposant notoire de Loukachenko, qui a déjà purgé cinq ans de prison, fut à son tour mis sous les verrous. « Il n’y aura pas de Maïdan dans notre pays », avait alors assuré Alexandre Loukachenko, évoquant la révolution proeuropéenne de 2014 qui, en Ukraine, avait renversé le pouvoir en place.

Il vous reste 50.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: