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C’était un matin comme un autre en Biélorussie, ce mardi 27 octobre, au lendemain du premier jour de l’appel à la grève nationale annoncée par Svetlana Tsikhanovskaïa, la figure principale de l’opposition au régime d’Alexandre Loukachenko. « J’ai reçu un appel téléphonique, se souvient Ilya Silchukov, baryton du Théâtre national d’opéra et de ballet de Minsk, qui vient d’être testé positif au Covid-19. J’étais malade, chez moi, c’était l’assistant du directeur général. Il m’a prévenu que j’étais en haut-parleur et qu’il était avec des gens, des juristes et des représentants du ministère de la culture. Il m’a demandé si j’avais participé aux manifestations et si j’avais passé un appel à la grève générale. »
Trois jours plus tôt, le trentenaire et d’autres camarades du Bolchoï avaient signé une déclaration appelant à cesser les violences policières et à soutenir les grévistes. « J’ai expliqué à l’assistant que je n’avais pas participé à la grève et, le lendemain, j’ai reçu un nouvel appel pour m’annoncer mon licenciement. » Ilya Silchukov et ses quatre amis signataires ont été licenciés en vertu de l’article 47.3 du code du travail biélorusse, pour « agissement amoral par un employé dans le domaine de l’éducation ». « En temps normal, c’est l’article qui serait utilisé pour virer un enseignant qui se déshabille devant ses élèves », ironise cet artiste.
L’histoire est symptomatique des nouvelles formes de répression adoptées par le régime depuis une dizaine de jours. Si les licenciements et des incarcérations visant les manifestants étaient déjà monnaie courante dans les premiers jours du soulèvement déclenché par la réélection frauduleuse du président le 9 août dernier, la pression administrative s’est alourdie avec la grève nationale entamée lundi 26 octobre.
« Mensonge ou bluff »
Svetlana Tsikhanovskaïa, en exil en Lituanie depuis le scrutin, avait demandé aux Biélorusses de bloquer les routes, de retirer leurs économies placées en banque et de cesser le travail dans les entreprises dans l’objectif de paralyser le pays et de provoquer un choc économique. La décision du Conseil de coordination de l’opposition d’augmenter la pression sur le régime d’Alexandre Loukachenko avait été favorablement accueillie par le mouvement de contestation. Preuve en est, la mobilisation du dimanche 25 octobre, jour de l’ultimatum, où des dizaines de milliers de Biélorusses ont convergé pour une marche d’une ampleur inédite depuis plusieurs semaines.
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