En Biélorussie, deux membres du conseil de coordination de l’opposition interpellés

0
79

[ad_1]

Conférence de presse marquant la création du conseil de coordination de l’opposition, le 18 août 2020, à Minsk, en Biélorussie.

A l’heure où l’inquiétude grandit en Biélorussie en raison de la répression des grèves et des manifestations par le régime, deux nouvelles arrestations viennent accentuer le mouvement d’étouffement de la contestation. Deux membres du « conseil de coordination », formé par l’opposition biélorusse pour promouvoir une transition politique à la suite de l’élection présidentielle contestée du 9 août, ont été interpellés, lundi 24 août, à Minsk, la capitale biélorusse, a annoncé leur entourage.

Sergueï Dilevski et Olga Kovalkova ont été arrêtés par la police antiémeute à l’entrée de l’usine de tracteurs de Minsk, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Denis Sadvoski, un allié politique de Mme Kovalkova. M. Dilevski est le président du comité de grève de cette usine.

Le service de presse de l’opposition a confirmé ces arrestations, précisant qu’elles avaient eu lieu « dans le cadre d’une procédure administrative », qui pourrait avoir trait à la manifestation de grande ampleur et non autorisée qui s’est déroulée à Minsk dimanche. Le coprésident du comité de grève du producteur de potasse Belaruskali, Bokoun Anatoli, a également été interpellé, lundi, à Soligorsk, ville industrielle située à environ 135 km au sud de Minsk, a fait savoir le comité de grève des mineurs de cette ville.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Lituanie, une manifestation de solidarité avec le mouvement biélorusse

L’opposition « sous pression »

Mme Kovalkova, accompagnée d’un autre membre de ce conseil, l’avocat Maxime Znak, avait déposé une plainte auprès de la Cour suprême vendredi pour obtenir l’annulation de la présidentielle, officiellement remportée par le président sortant, Alexandre Loukachenko, avec 80 % des suffrages, contre Mme Tsikhanovskaïa, opposante aujourd’hui réfugiée en Lituanie.

L’opposante Olga Kovalkova, le 22 août.

L’annonce de ces résultats, jugés frauduleux, a déclenché un mouvement de contestation inédit, entré dans sa troisième semaine, avec notamment quelque 100 000 manifestants dans les rues de la capitale biélorusse les 16 et 23 août. Lors d’une conférence de presse, lundi, le conseil de coordination a affirmé ne pas savoir où étaient Mme Kovalkova ni M. Dilevski.

« Nous sommes sous pression », a déclaré lors de cette conférence retransmise en ligne Lilia Vlasova, membre du praesidium du conseil, assurant qu’elle était elle-même convoquée par le comité d’enquête. Le conseil, qui se dit fort de 600 membres, a également demandé à être reçu par l’ambassade russe en Biélorussie, mais n’a pas reçu de réponse pour l’heure.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Biélorussie : derrière le maintien d’Alexandre Loukachenko, la loyauté de ses forces de sécurité

Un conseil pour organiser la transition

Formé par Mme Tsikhanovskaïa, le conseil de coordination a été conçu pour organiser une transition politique à la tête du pays.

Après avoir rencontré lundi à Vilnus le numéro deux du département d’Etat américain, Stephen Biegun, l’opposante doit s’exprimer mardi devant une commission du Parlement européen. « M. Loukachenko ne bénéficie du soutien ni du peuple biélorusse ni de la communauté internationale. Chaque jour, il refuse d’accepter la volonté de son peuple, ne faisant que prolonger la crise et l’aggraver », a-t-elle déclaré lundi au cours de sa rencontre avec M. Biegun.

Dans ce contexte, en déplacement en Ukraine, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a réitéré l’appel européen au chef de l’Etat biélorusse à accepter le dialogue pour régler une « situation critique ». « Je pense que Loukachenko voit que, ces dernières semaines, les rues se sont remplies de manifestants. C’est pourquoi nous appelons à ne pas recourir à la violence, à respecter les droits des manifestants », a-t-il dit.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pour sa part déclaré aux journalistes que « jusqu’à présent [il ne constatait] pas de provocation de la part des manifestants » et que les forces de l’ordre biélorusses « s’acquitt[aient] tout à fait correctement de leurs responsabilités ». « Nous espérons qu’à l’avenir il sera possible d’éviter et de prévenir, si nécessaire, toute provocation à cet égard », a-t-il ajouté.

Le Monde avec AFP

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: