En Belgique, la crainte d’une deuxième vague qui risque de submerger les hôpitaux

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Unité de soins intensifs pour les patients Covid au Centre hospitalier universitaire de Liège, le 22 octobre.

Trois semaines seulement après son entrée en fonction, le gouvernement du libéral belge Alexander De Croo est déjà sous le feu de la critique pour la manière dont il gère la crise liée au coronavirus. Le politiste Dave Sinardet parle déjà d’un « désaveu » de l’opinion. Celle-ci témoigne, en tout cas, de son incompréhension face à la réponse des autorités, jugée faible et inadéquate, à une deuxième vague particulièrement violente de l’épidémie.

En adoptant trois trains de mesures successifs (fermeture pour un mois des bars et des restaurants, télétravail obligatoire, couvre-feu de minuit à 5 heures du matin, limitation des contacts sociaux, redéfinition de protocoles pour le sport et la culture, etc.), le gouvernement fédéral voulait éviter à tout prix un reconfinement total. Alors même que de nombreux experts expliquaient que seules des mesures radicales permettraient d’éviter l’engorgement d’hôpitaux qui, déjà, lancent des appels au secours face à l’afflux de patients et à la carence en personnels, après de nombreux cas de mise en quarantaine ou de contamination. L’hôpital universitaire Saint-Luc, à Bruxelles, totalise par exemple de 15 à 20 % d’absents.

Selon plusieurs médecins, le risque de catastrophe sanitaire, bien réel, est dû à la lenteur de la réaction politique

Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le pays enregistre désormais un taux d’incidence (le nombre de personnes infectées pour 100 000 habitants sur les quatorze derniers jours) de 1 165. Il est de 1 284 en République tchèque, mais ce record européen sera sans doute très rapidement battu par la Belgique. Selon d’autres chiffres récents, le pourcentage de tests positifs y avoisine 20 % (34 % à Liège, 28 % à Bruxelles) et les admissions à l’hôpital ont augmenté de 94 % en une semaine.

« Je suis, par nature, un optimiste, mais je n’ose plus exclure les images de patients sur des brancards dans les couloirs, comme celles que l’on a vues en Lombardie », expliquait dès la semaine dernière le docteur Philippe Devos, chef du service des soins intensifs au centre hospitalier régional de la Citadelle, à Liège. L’établissement comptait 150 malades du Covid en avril, ils sont 500 aujourd’hui.

« Situation de crise nationale »

Face à cette situation, M. De Croo parlait, le 23 octobre, d’une « situation de crise nationale », tandis que le ministre fédéral de la santé, Frank Vandenbroucke, évoquait le risque d’une catastrophe sanitaire. Selon plusieurs médecins, ce risque est bien réel mais dû, précisément, à la lenteur de la réaction politique et à sa volonté de maintenir à tout prix l’ouverture de certains secteurs, dont les écoles, où sont rapidement apparus de nombreux foyers de contamination.

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