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Alberto Fernandez l’a assuré : « A partir du 10 décembre, nous allons changer de cap. » Elu le 27 octobre dès le premier tour de la présidentielle, celui qui doit succéder ce mardi au libéral Mauricio Macri a promis de « remettre l’Argentine sur pied ». Mais « ce ne sera pas facile », a prévenu le dirigeant de centre gauche, vendredi 6 décembre, au moment de présenter son gouvernement.
Parmi les 21 ministres désignés – qui incarnent différents courants du péronisme, le mouvement politique vainqueur des élections – un, en particulier, attire tous les regards : Martin Guzman. A 37 ans, le plus jeune membre du cabinet hérite du portefeuille le plus complexe, celui de l’économie.
38 milliards de dollars à rembourser
Universitaire sans expérience politique, M. Guzman, formé à l’université Columbia, est un disciple du prix Nobel Joseph Stiglitz. « Argentine, nous allons prendre soin de toi », a assuré le futur ministre sur Twitter. La tâche qui lui incombe s’annonce particulièrement ardue, alors que le pays traverse l’une des pires crises économique et sociale de son histoire. L’Etat sud-américain va finir l’année 2019 en récession, pour la deuxième année consécutive.
L’une des priorités de M. Guzman sera de renégocier les remboursements de la dette. En particulier auprès du Fonds monétaire international (FMI), qui a déjà versé plus de 45 milliards de dollars au pays (40,65 milliards d’euros) – dans le cadre d’un prêt de 57 milliards – en échange d’un plan d’austérité adopté par le gouvernement Macri.
« Je veux arrêter de demander de l’argent et commencer à payer »
Fin novembre, Alberto Fernandez a annoncé qu’il refuserait le versement des dernières tranches d’aide prévues. « J’ai déjà un grand problème de dette, et je demanderais 11 milliards de plus ? Je veux arrêter de demander de l’argent et commencer à payer », proteste le président élu, qui s’est engagé à rembourser les fonds reçus, mais refuse de procéder à de nouvelles coupes budgétaires.
Une déclaration « pas très stratégique », selon Lucía Pezzarini, économiste du cabinet de conseil Elypsis, qui rappelle que l’Argentine doit rembourser près de 38 milliards de dollars à des créanciers privés et des institutions internationales en 2020. « Les fonds du FMI auraient été utiles, estime-t-elle, il va falloir mener des négociations urgentes afin d’éviter que le pays entre en défaut de paiement. »
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