[ad_1]
La chancelière allemande, Angela Merkel, a demandé à ses concitoyens un « effort national » d’un mois en présentant, mercredi 28 octobre, une nouvelle série de restrictions destinées à ralentir la propagation de l’épidémie de Covid-19 dans le pays.
Les nouvelles mesures s’appliqueront du lundi 2 au lundi 30 novembre sur l’ensemble du territoire allemand. L’objectif, a expliqué Mme Merkel, est que chacun « réduise massivement ses contacts avec les autres ».
Comme en mars-avril, les bars et les restaurants seront fermés, mais ils pourront continuer de vendre des plats ou de les livrer. Les cinémas, les théâtres, les musées et les salles de concert fermeront également, de même que les salons de massage, les instituts de beauté et les salles de sport. Pour mieux comprendre la situation outre-Rhin, notre correspondant à Berlin, Thomas Wieder, a répondu aux questions des lecteurs du Monde.
Sacrf : Pouvez nous confirmer que la deuxième vague en Allemagne est pour le moment très inférieure à celle en France ?
Thomas Wieder : Oui, je vous le confirme.
1. Nombre de contaminations dans les dernières 24 heures : environ 50 000 en France, 19 000 en Allemagne.
2. Taux d’incidence (nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours) : plus de 400 en France, 104 en Allemagne.
3. Nombre de morts dans les dernières 24 heures : 250 en France (total depuis le début de l’épidémie : 36 020), 77 en Allemagne (total : 10 349).
Valentin : La propagation du virus augmente-t-elle dans tous les Länder ou certaines régions sont-elles plus touchées que d’autres ? Et pour les tranches d’âge ?
Par rapport à la première vague, les différences entre régions sont un peu moins fortes. Mais elles demeurent. Comme au printemps, l’ouest du pays est plus touché que l’est, avec deux Länder où le virus circule particulièrement vite : la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (taux d’incidence de 139) et la Bavière (114). L’une des différences importantes avec la première vague concerne Berlin. A l’époque, la capitale allemande avait été très peu touchée par le virus. Aujourd’hui, l’épidémie s’y propage rapidement, avec un taux d’incidence de 146 pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours, selon les chiffres publiés ce matin par l’Institut de santé publique Robert-Koch.
Enfin, concernant les tranches d’âge, là aussi la différence est importante entre la première et la seconde vague. En mars-avril, l’âge moyen des personnes contaminées en Allemagne était relativement bas (autour de 45-50 ans) comparé à ce qu’il était par exemple en France ou en Italie (au-dessus de 60 ans). Cela explique pourquoi le nombre de morts a été si faible à l’époque en Allemagne, par rapport à d’autres pays. Aujourd’hui, le virus circule davantage chez des personnes plus âgées, ce qui fait craindre une hausse sans doute assez importante du nombre de morts dans les prochaines semaines.
Une Berlinoise : Est-il correct que les magasins resteront ouverts pendant ce confinement partiel alors que les restaurants et les théâtres devront fermer ? Quelle est la logique du gouvernement ?
Cette fois, tous les magasins resteront ouverts, à condition qu’il n’y ait pas plus d’un client pour 10 mètres carrés. En revanche, les restaurants, les bars, les théâtres, les salles de concert, les salles de sport… devront fermer.
Quant à la logique du gouvernement, elle n’est pas toujours extrêmement claire. Par exemple, certains se demandent pourquoi les coiffeurs pourront rester ouverts alors que les salons de massage, eux, devront fermer. Dans le secteur de la restauration, l’incompréhension et la colère sont comparables à ce que l’on observe en France. Mercredi, l’annonce de leur fermeture a été d’autant plus mal acceptée par les professionnels du secteur que l’Institut de santé publique Robert-Koch venait de publier un rapport indiquant que le risque de se contaminer dans les restaurants était moindre qu’à la maison, au travail ou lors d’activités de loisirs…
Seven : Est-ce que les universités allemandes sont fermées ? Quelle est la situation pour les collèges et lycées en Allemagne ?
Dans les universités allemandes, la rentrée s’est faite essentiellement à distance. Dans le secondaire, tout le monde porte un masque. Comme en France, des établissements ont été fermés, avant de rouvrir quelques jours plus tard. Mais à la différence de la France, il n’y a pas eu en Allemagne de grand débat, à la rentrée, sur la question des contaminations en milieu étudiant.
Eddy : Assistons-nous à une remise en question du fédéralisme en Allemagne suite à cette crise ou ce dernier est-il au contraire renforcé par celle-ci ?
Une remise en question du principe même du fédéralisme ? Non. Mais il y a depuis le début un débat plus ou moins aigu sur le fait de savoir si la répartition des pouvoirs entre le Bund – l’Etat fédéral – et les Länder est adaptée à une telle crise. Jusqu’à début octobre, la réponse était plutôt oui, dans la mesure où l’Allemagne s’en était mieux tirée que la plupart de ses voisins au cours de la première vague. Quand la deuxième vague est arrivée, en revanche, certains ont vu dans le fédéralisme une des sources du problème.
C’est apparu très clairement quand des Länder ont commencé à édicter des règles d’interdiction de séjour dans les hôtels et les résidences touristiques pour des habitants d’autres Länder classés « zones à risque ». En l’espace de quelques jours, c’est comme si des frontières intérieures s’étaient dressées entre les régions allemandes, chaque Land donnant le sentiment de se comporter comme un petit territoire indépendant et souverain, avec ses propres règles, ses propres critères, etc.
Dans la plupart des cas, ça n’est resté qu’au stade de l’intention, à la fois parce que plusieurs tribunaux ont cassé ces arrêtés d’interdiction de séjour et parce que l’opinion publique, en général, la presse et beaucoup de responsables politiques ont pointé le ridicule de la situation, le caractère incompréhensible de telles règles, tout en mettant en cause leur efficacité potentielle.
De ce point de vue, les décisions qui ont été prises mercredi traduisent la volonté de l’Etat fédéral de remettre un peu d’ordre dans tout cela. Angela Merkel l’a d’ailleurs souligné, quand elle a présenté les nouvelles mesures à l’issue de la visioconférence de quatre heures qu’elle a eue avec les ministres-présidents des seize Länder.
Coralie : Les hôpitaux allemands sont-ils moins surchargés que leurs équivalents français ? Si oui, a-t-on des éléments d’explication, ou s’attend-on à un phénomène similaire outre-Rhin dans quelques semaines ?
La situation n’a rien à voir entre la France et l’Allemagne. Pour l’instant, il n’y a aucune surcharge des hôpitaux allemands, même s’il y a des différences régionales. Ainsi, 40 % des lits en soins intensifs sont libres en ce moment dans le Schleswig-Holstein, au nord du pays, alors qu’ils ne sont que 20 % en Hesse (région de Francfort) et 14 % à Berlin.
Cela dit, les autorités allemandes craignent que la situation ne devienne critique d’ici quelques semaines. C’est ce qu’a dit Angela Merkel, mercredi, en expliquant que c’est pour cette raison que des restrictions importantes allaient être mises en vigueur pendant le mois de novembre. Au mois d’octobre, le nombre de malades du coronavirus en soins intensifs est ainsi passé de 400 à 1 700 environ.
En réalité, le problème en Allemagne n’est pas tant le nombre de lits que le manque de personnel. C’est ce qu’a rappelé cette semaine le président de l’Association allemande de médecine d’urgence et de soins intensifs, qui évalue à environ 3 000 à 4 000 le nombre de personnels manquants dans ce secteur par rapport aux capacités d’accueil.
Notre sélection d’articles sur le coronavirus
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
