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Le secret, déjà quelque peu éventé, a vécu. Les Etats-Unis ont bien repris officiellement les pourparlers de paix avec les talibans afghans. Le processus avait été déclaré « mort », le 7 septembre, par le président américain, Donald Trump. Lors de son premier déplacement en Afghanistan, M. Trump a confirmé, dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 novembre, la reprise des négociations avec le principal mouvement insurgé afghan.
« Les talibans veulent un accord, et nous les rencontrons. Nous leur disons qu’il faut un cessez-le-feu, ils ne voulaient pas de cessez-le-feu, et maintenant ils veulent un cessez-le-feu », a-t-il assuré, en se déclarant confiant sur la suite des échanges. Vendredi, le mouvement taliban a indiqué, pour sa part, qu’il était « beaucoup trop tôt » pour parler d’une reprise des négociations.
C’est la première fois que Donald Trump revenait publiquement sur l’arrêt brutal d’un dialogue sur le point d’aboutir à un accord entre Américains et talibans. Sa décision était intervenue la veille de la signature officielle aux Etats-Unis d’un document devant conduire à la convocation, à Oslo, d’une conférence internationale sur l’avenir de l’Afghanistan. « Nous voulions conclure un accord, ainsi que les talibans. Nous étions proches puis nous nous sommes retirés à cause de ce qu’ils avaient fait [référence à la mort d’un soldat américain quelques jours avant]… Ils pensaient que cela allait les renforcer dans la négociation. Ils se sont trompés », a déclaré le président américain sur la base aérienne de Bagram, à 80 km au nord de Kaboul.
En présence du président afghan, Ashraf Ghani, il a réitéré la volonté de son pays de poursuivre son désengagement militaire, comme l’exigent les talibans. Le nombre de soldats américains sur place devrait, a-t-il dit, descendre de 13 000 à 8 600. « Nous pouvons aller encore beaucoup plus loin », a-t-il ajouté. Tout en précisant : « Nous resterons tant que nous n’aurons pas d’accord ou jusqu’à ce qu’on ait une victoire totale. » Pour, finalement, noter, de façon un peu contradictoire : « Il faudra une solution politique (…) qui sera décidée par les habitants de la région. »
Le signal envoyé tend visiblement à se concilier le mouvement insurgé afghan. « Les talibans se battent pour leur terre », ce qui, selon lui, n’est pas le cas d’Al-Qaida ni de l’organisation Etat islamique. De plus, en dépit de la présence du chef de l’Etat afghan à ses côtés, il n’a pas fait mention du rôle que pourrait jouer ce dernier dans cette reprise des négociations qui restent une discussion exclusive entre Américains et talibans.
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