En Afghanistan, Abdullah Abdullah revendique la victoire à la présidentielle

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Le principal rival du chef de l’Etat a déclaré avoir remporté le scrutin, alors que les chiffres de participation ne sont pas encore connus et que les résultats préliminaires ne seront pas annoncés avant le 19 octobre.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 16h37

Temps de Lecture 1 min.

Abdullah Abdullah, principal rival du chef de l’Etat afghan, Ashraf Ghani,  dans un bureau de vote à Kaboul, samedi 28 septembre.
Abdullah Abdullah, principal rival du chef de l’Etat afghan, Ashraf Ghani,  dans un bureau de vote à Kaboul, samedi 28 septembre. Ebrahim Noroozi / AP

En revendiquant sa victoire, lundi 30 septembre, à la présidentielle afghane sans attendre les résultats officiels, Abdullah Abdullah, principal rival du chef de l’Etat, Ashraf Ghani, risque de créer de vives tensions politiques. « Nous avons le plus grand nombre de voix dans cette élection », a assuré M. Abdullah lors d’une conférence de presse, en affirmant qu’« il n’y aura pas de deuxième tour ».

N’ayant pas encore publié le chiffre de la participation au premier tour qui s’est tenu samedi, la commission électorale indépendante (IEC) a vivement réagi. « Aucun candidat n’a le droit de se proclamer vainqueur. Selon la loi, c’est l’IEC qui décide qui est le vainqueur », a commenté à la télévision un de ses responsables, Habib Rahman Nang. Les résultats préliminaires ne seront pas annoncés avant le 19 octobre et les définitifs le 7 novembre.

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Coïncidence ou prémonition, au moment même où M. Abdullah s’exprimait, Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, expliquait dans un communiqué « souhaiter des candidats qu’ils exercent leur retenue et attendent les résultats préliminaires et finaux » de la commission. Dimanche, le colistier du président Ghani, Amrullah Saleh, avait lui aussi paru revendiquer la victoire, en déclarant à la radio publique américaine Voice of America que, « selon nos informations, 60 à 70 % des gens ont voté pour notre équipe ».

Abdullah Abdullah et le président Ashraf Ghani sont les deux favoris, sur 18 candidats, de cette élection présidentielle, la quatrième à se tenir depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir en 2001. Un des enjeux du scrutin est de procurer au futur chef de l’Etat une légitimité suffisante pour espérer devenir un interlocuteur incontournable dans d’éventuelles négociations de paix avec les talibans.

Le scrutin s’est tenu sans gros incidents, mais avec un grand nombre de petites attaques des insurgés. Les craintes sur la sécurité et d’éventuelles fraudes ont contribué – avec la désillusion de bon nombre d’électeurs à l’égard de la classe politique – à une faible participation, attendue sous les 30 %. En revanche, des observateurs indépendants ont souligné que le scrutin s’était déroulé dans de meilleures conditions de transparence et d’efficacité que les précédents.

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En 2014, Abdullah Abdullah avait contesté les résultats de la présidentielle qui avait été entachée de graves irrégularités et avait débouché sur une crise constitutionnelle. A la suite d’une intervention de Washington, il s’était au bout du compte vu attribuer un poste de chef de l’exécutif, sous l’autorité de M. Ghani.

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