Emmanuel Macron et les crises de l’OTAN

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Les propos du président français dans le quotidien britannique « The Economist » sur une OTAN en état de « mort cérébrale », ont mis en exergue la désunion européenne face au géant américain.

Par Publié aujourd’hui à 06h15

Temps de Lecture 4 min.

Analyse. L’OTAN « en mort cérébrale » : au siège bruxellois de l’Alliance atlantique, une fois passée la phase de stupeur après la lecture des propos tenus récemment par Emmanuel Macron dans The Economist, on en est vite revenu au réflexe classique : celui du déni. Phénomène bien illustré par la sentence, un brin surréaliste étant donné le contexte, du secrétaire général : alors qu’on s’arrachait, à Bruxelles, les copies de l’interview à paraître (le 7 novembre) dans l’hebdomadaire britannique, Jens Stoltenberg affirmait en même temps, à Berlin, qu’à ses yeux son organisation restait « forte » et que la collaboration entre les Etats-Unis et les Européens en son sein y était exemplaire.

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Un avis que, stratégiquement, la chancelière Angela Merkel ne pouvait qu’approuver : elle est la dirigeante d’un pays toujours en position délicate face à des Etats-Unis qui déplorent régulièrement l’insuffisance de ses engagements financiers et s’interrogent, comme d’autres, sur les capacités opérationnelles de la Bundeswehr.

Officiellement, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord garde le silence sur l’analyse du président français. Et rares sont ceux qui oseraient y prendre la parole pour contester la doxa officielle, celle qui fait de l’Alliance « l’une des plus grandes réussites de l’histoire ». On sent bien, cependant, que le propos clinique du président y trouve aujourd’hui plus qu’un écho. Parce qu’il n’a fait que révéler une vérité cruelle dont plus d’un diplomate est conscient : oui, l’OTAN vit une crise – des crises – de grande ampleur et, si l’Alliance n’est peut-être pas (encore ?) en situation de coma dépassé, elle risque davantage de glisser vers le néant que de connaître une soudaine résurrection.

Ce que M. Macron a énoncé à (très) haute voix était jusqu’ici discrètement murmuré en interne et, plus que le diagnostic lui-même, c’est sans doute la révélation faite au grand public que, oui, le roi était nu, qui a heurté. Si, comme le héros du conte d’Andersen (Les Habits neufs de l’empereur) qui espérait parader dans ses habits neufs mais n’en portait plus aucun, l’OTAN espérait revêtir, à Londres, en décembre, son nouveau costume, l’espoir est déçu : ce sommet, qui devait prétendument célébrer l’unité et la cohésion retrouvée, sera tout sauf une grande fête.

Attitude contradictoire de Washington

Le scénario de la crise était en fait écrit depuis longtemps. L’histoire a démarré, non pas avec l’élection de Donald Trump, mais avec les appels répétés de l’administration Obama aux Européens pour qu’ils investissent davantage dans leurs capacités de défense. En faisant semblant de ne pas entendre, une majorité d’entre eux, la riche Allemagne notamment, ont servi la propagande tonitruante de M. Trump, qui pouvait dénoncer successivement l’obsolescence de l’Alliance, s’interroger sur la célèbre clause de défense mutuelle (l’article 5, clé de voûte du traité OTAN) et creuser un peu plus le fossé entre son pays et le Vieux Continent.

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